Ce corps

Pendant longtemps, je n’ai pas su quoi faire avec mon corps de femme… et bien entendu, il y a une histoire autour de cela.

Pour commencer, si nous le voulons bien, il y a l’enfance. C’est à dire, la place du symbole féminin dans la famille (et plus précisément, chez nos parents.) Eh bien, moi, j’ai eu des parents à la mode ! Les énergies féminines étaient dénigrées… il fallait être à la place forte, intelligente, bricoleuse… mon héroïne préférée était un homme. Un aventurier fort, malin et respecté (Indiana Jones en fait).

Après l’enfance ? Oui ! L’adolescence !

Avoir des formes et se transformer, c’est ainsi devenir ce qui rebute. Peut-être arrivera-tu à tout cacher, mince comme une brindille pendant tes 14 premières années ? Mais il y a un jour où ton féminin te rattrape (et merde !)

C’est faire place à un corps qui prend de plus en plus de place (justement !), comme s’il faisait reculer ton intelligence. Comme si ton mental et toutes tes capacités diminuaient à vue d’oeil. Bien entendu ce n’est pas vrai. Tu bats les mecs en moyenne générale (et toc!) mais, tu deviens une femme, mon fils !

 

 

Pendant longtemps, je n’ai pas su quoi faire avec mon corps de femme… et ça n’a fait qu’empirer.

Oh, ce corps qui attire les regards et les désirs m’a toujours gêné. Je n’ai jamais été à l’aise avec l’hypersexualité de l’époque.

Bien entendu, ce n’est pas mon corps le responsable, mais bien les hommes qui ne savent pas faire la différence entre un objet de sexualité et une personne. Entre une pub à matter, et des vraies femmes qui marchent dans la rue, quelle différence ?

Pour les hypersensibles, ressentir les désirs des autres (parfois violents !) est une véritable agression quotidienne… qui donne envie de finir par se cacher.

Mais rien n’est pire que la banalité de nous faire rétorquer que « c’est bien normal de regarder une belle jeune fille » ! Eh oui… c’est nous les anormales ! C’est aussi nous qui cherchons à nous faire violer, non ? (phrase ironique, je précise).

Bah oui quoi… j’ai eu mon lot d’accusations, des sommets du genre « pourquoi tu t’habille pas de façon plus féminine ? » C’est à dire : talons haut, qui peuvent te péter la cheville à tout moment, et jupe ras la crinière ? Pourquoi privilégier ton confort au voyeurisme des connards ? T’es pas bien ou quoi ?

Après tout, pourquoi ils débourseraient de la tune en magasines cochon, s’ils peuvent matter tranquille celles qui passent dans la rue ? Et puis en plus, c’est mieux ! En vrai, elle bouge !

 

 

Initités par toutes les pub, films iconiques et cultes fait à des marques comme Playboy, les mecs autour de toi trouvent ça bien normal quand même de voir un bout de tes fesses. Et puis, génération média sociaux oblige, on parle de toi.

Ravie, tu te transforme en brand ! En une marque ! Et ton crédo ? Ton sexe ! Du branding sexuel (= ton image de marque est sexuelle). Et ça c’est… NORMAL ?

Toutes des putains ? Non ! Pas toutes… reste leurs mamans ! Les seules intouchables ! Les seules femmes qui sont plus que des objets, élevées au rang d’icône. Leurs mamans pas touche. Ce sont des Vierge Marie célestes, pures, qui ont une histoire, un vécu, des sacrifices, une sagesse, des capacités. Ce sont des être de compassion. De présence et d’amour.

J’ai un tuyau pour les connards : les femmes, elles sont toutes TA MERE !