Les Déesses Sombres

 

Les Déesses souterraines peuvent donner une image assez effrayante de leurs accomplissements. Pourtant, elles sont absolument nécessaires à toute évolution. Dans le mythe d’Ishtar-Inanna, c’est Ereschkigal qui permet à la Déesse d’accéder à des savoirs que seul l’ombre détient. Dans le mythe originel (le plus vieux écrit en tout cas) elle n’amorce pas sa descente pour sauver son amant ou porter secours à sa soeur. Elle descend pour SAVOIR.

En cela ce sont elles, les Déesses des profondeurs, les grandes initiatrices…

Je vous propose de partir à la rencontre des archétypes des profondeurs, ces archétypes primordiaux.

 

Perséphone

 

D’ingénue à Reine… voilà la voie de Perséphone. Forcée de plonger dans l’initiation féminine (qui passe par le contact avec la Terre intérieure), nous pouvons comment elle ne pas avoir le choix. La vie nous secoue durement… nous pouvons perdre un emploi, un mari, des amis, … ce qui nous mène à une véritable dépressions. C’est la nuit noire de l’âme. Rien de va plus. nous n’aimons plus rien de nous ou de notre vie.

Nous pouvons apprendre de Perséphone pour retrouver espoir. Nos guides, tout comme Déméter la mère de la Déesse, nous aident même si nous ne pouvons pas les voir. Nous sommes ainsi assurée de revoir la lumière, tout comme Perséphone retourne sur la surface de la Terre.

En nous plongeant dans son histoire, nous avançons de la naïveté au retour du pouvoir qui nous est dû. En méditant avec elle, nous nous posons les bonnes questions : décidons-nous par nous-même ? Non ? Alors, elle nous enseignera à reprendre les rênes de notre vie !

 

 

 

Kali

 

Parmis les Déesses de l’Ombre, il y a celles que l’on craint vraiment. Pour ceux de ma génération, Kali est associée à Indiana Jones 2 et ses prêtres buveurs de sang qui arrachaient le coeur vivant des victimes sacrifiées… (frissons 😱) Pourtant Kali ne rime pas avec le mal ! .
Oui elle est l’archétype de la destruction, mais de la destruction bénéfique, car nous pouvons avoir besoin d’éliminer de notre vie, des relations pesantes, des croyances qui ne nous servent plus, des mémoires, des pensées dont on veut se débarrasser. Kali rime avec purification ! Elle fait de la place et allège notre existence. Qu’avez-vous à lui offrir cette année ? Qu’est-ce qui doit prendre fin pour vous donner l’espace de créer quelque chose de nouveau ? .
Imaginez-vous lui apporter tout ce qui est en trop chez vous et regardez-la dévorer votre offrande ! Et voilà, c’en est déjà fini… rien ne reste.
Merci à Elle pour son incroyable pouvoir d’allègement

 

Nephtys

 

Quel mystère que Nephtys ! Déesse de l’Ombre et de la discrétion, Nephtys agit, sans qu’on ne la voit… elle laisse les devants de la scène à sa soeur (Isis), qui semble prendre toute la place ! Elle est un peu « la femme derrière le président » elle influence grandement nos vies mais ne fait pas d’entrée spectaculaire. Elle reste discrète comme une lune derrière la brume. Nephtys ouvre des portes, des passages et son visage est peu expressif mais il dégage une certitude rassurante. Elle représente cet aspect de l’Ombre humble, cette introversion nécessaire qui peut être aussi douce qu’un voile de soie. Nephtys est une caresse. Une effluve… et dans son sillage persiste une odeur de secret…
Quand cette Déesse apparaît, nous ne sommes pas sûre de son identité… le message qu’elle délivre est plus important que la messagère. Sa grande douceur poudrée, fait que nous acceptons directement dans notre coeur, ce qu’elle nous livre.
Il peut être question d’humilité. Sommes-nous toujours humble? Elle représente l’amour inconditionnel qui reste dans les ténèbres, comme une pépite d’or dans la paroi… faites appel à elle pour entrer dans l’Ombre avec le coeur.

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Pélé ou Pele

Pélé est l’archétyoe du feu, de la passion, de la destruction et de la sexualité. Pour moi elle est aussi la colère qui boue à l’intérieur, dans sa chambre volcanique… avant de se répandre dans une fumée d’émotions qui touchent et heurtent tout le monde sur son passage. Pélé est explosive. Mais Pélé est aussi amoureuse. Amoureuse des hommes mais aussi d’elle-même !
Et c’est pour ça qu’elle est ravageuse ! La colère est une émotion qui monte lorsque nos limites sont dépassées. Nous avons un besoin de nous faire respecter, tout simplement par amour pour notre corps, notre intelligence, notre humour, notre créativité… Nous demandons simplement que les autres nous aiment comme nous sommes (sans chercher à nous comprendre). Comme les étincelles divines que nous sommes ! Et si cela n’est pas fait, alors l’étincelle montre toute l’étendu de sa force : « tu ne m’aimes pas assez pour me respecter ? Bien ! Je m’aimerai alors 2 fois plus en compensation… et je te ferai respecter ce que je suis ».
Pélé ne laisse alors plus le choix : si tu n’es pas dans l’amour, alors je détruis tout ce que tu fais envers moi. Pélé n’attaque pas (à aucun moment de sa mythologie). Elle choisit d’abord la fuite mais si elle n’a plus d’autres options alors elle sait se défendre en faisant déferler sa lave intérieure. Ses mots brûleront tous les méfaits et nettoieront à la fois le récepteur et l’émetteur.
Ensuite elle redeviendra la Déesse de vie et d’amour, apaisée… .
Une présence forte avec qui méditer lorsque nous nous faisons abuser, que nous ne savons pas dire non ! Pélé nous aidera à trouver la COLÈRE JUSTE.

 

🔥Sekhmet🔥

On parle de Sekhmet la rageuse, la furieuse, la vengeresse… je vais vous parler de Sekhmet l’assoiffée. .
Et que boit-elle dans sa furie incontrôlée ? Du sang !
La vie est injuste en générale. On a l’impression de s’y habituer malheureusement… mais il arrive un moment clef où tout bascule à l’intérieur. La goutte d’eau fait soudain déborder le vase et cette injustice de plus provoque en nous une colère terrible. Tout devient insupportable. Nous hurlons sur le JT ou sur les flash radio, sur les comportements égotiques de notre entourage, sur l’argent, le gouvernement, le système… et nous ressentons comme un énorme vide qui doit à tout prix être comblé. Cette nourriture peut prendre différentes formes : sucres, sexe, voyages… mais malgré leur accumulation, nous ne nous sentons jamais rassasié !
Dans le mythe de Sekhmet, la Déesse lionne se gorge de sang et n’arrive plus à s’arrêter. Sur le plan symbolique, le sang représente la vie spirituelle, l’esprit, le sacré. Ainsi il arrive que nous nous tournions vers le monde spirituel pour obtenir des réponses. Cet univers devient notre aliment qui nourrit notre âme. Comme assoiffée par toutes ces années retenues loin des mystères, nous nous précipitons sur les livres, les oracles, les pierres, les huiles, les stages… nous buvons la connaissance sacrée à gorge déployée et nous sommes incapables de nous arrêter !
Il faudra que nous accumulions toutes nos connaissances nouvellement acquises au point d’en avoir la nausée, au point que tout se brouille à nouveau… pour qu’enfin notre soif s’apaise. Ce n’est qu’alors que nous pourrons prendre un peu de recul et nous apaiser.
Sekhmet parait agir de façon totalement déraisonnée. Moi je la vois agir par urgence. Nous avons parfois tellement apauvrit notre âme, qu’elle risque de s’assécher pour de bon. La Déesse lionne arrive alors pour faire les gestes de premier secours ! Les gestes de la dernière chance pour trouver l’équilibre dans nos vies.

 

Lilith

Lilith serait la première femme d’Adam. Une vraie rebelle, indomptable que le premier homme aurait répudié parce que… … … elle voulait faire l’amour au-dessus (et pas en dessous !) Il en faut peu à Adam pour ne pas être content ! !
La belle est libérée mais annexée dans les ténèbres. Pas grave ! Elle peut exprimer toute sa splendeur sans s’attrister du manque de lumière. Son histoire fait pensé d’ailleurs à l’Histoire… à une société matriarcale (Lilith) succède une domination de l’homme en domptant le féminin qui devient la gentille Eve. .
J’aime beaucoup l’image ci-dessous… et si le serpent d’edens était en fait Lilith ? Lilith l’insoumise prenant pitié d’Eve sa soeur, cherchant à la secourir, lui offrant la liberté. Ainsi, toute femme née d’Eve contient un peu de Lilith par le biais de la pomme. On a toute une part de rebelle en nous ! Est-ce vraiment démoniaque ?
Oui Lilith est instinctuelle, corporelle, sexuelle mais elle a prouvé qu’elle n’était pas un animal. La Dame de la nuit a su dire NON et en accepter les conséquences. Lilith est la toute première féministe de l’histoire assumant ses désirs, faisant respecter ses limites… Eve apparait bien pâle en comparaison, comme une gentille poupée lisse. Grâce à l’énergie de Lilith, elle saura enfin se réveiller dans toute sa splendeur. En cela, Lilith est aussi l’initiatrice.
Certes le chemin peut être douloureux pour se trouver Soi m’aime (soi-même) mais la pomme reste un vrai cadeau. Acceptons la lorsque nous avons besoin d’apprendre à dire non et à nous sortir de situations confortables mais endormissantes. Lilith apparaitra toujours, à chaque femme, pour lui apporter la liberté nécessaire à son épanouissement. Au début ça fera un peu mal, mais c’est un merveilleux don pour nous et nos descendantes.

 

 

 

Hecate (se prononce Hécaté)

Déeese de la lune Noire, voici Hecate, reine des sorcières. Alors que les Déesses sombres vues précédemment étaient jeunes ou matures, Hecate est la vieille sage, la doula ridée qui n’a pas d’enfant (car nous sommes tous ses enfants finalement) la femme ménopausée. Hecate a vécu, elle a de l’expérience… elle sait. Sa maison est le monde sous-terrain, là où tout se sait d’ailleurs, où personne ne peut mentir ou se mentir. Les masques tombent, laideur ou beauté cachées se dévoilent.
Hecate peut voir dans 3 directions en même temps (elle peut donc nous rassurer sur des décisions à prendre) et dans les 3 temps (passé, présent, futur). Toutes ces données lui permettent de prendre de la distance sur les choses… rien de ce qui arrive est « grave », ce n’est qu’une possibilité parmi d’autres. Nous avons le droit de vivre en nous voilant la face, de continuer à prendre les mauvais chemins, si c’est l’expérience que nous voulons faire dans cette vie (notre libre arbitre est sacré).
Mais si nous comprenons la vacuité de ces chemins, que nous voulons voir le vrai, alors Hecate nous montrera la direction à prendre. C’est Elle qui intervient auprès de Déméter dans sa quête pour retrouver sa fille, en lui ouvrant les yeux sur ce qui s’était réellement passé. Plus tard, elle sera la compagne de Perséphone. Sans doute lui a-t-elle permis de devenir la Reine sous-terraine si épanouie qu’elle sera ?
Le cadeau de cette Déesse est bien la Vérité. Elle est peut-être dure à entendre, horrible à voir… oui… mais ce n’est qu’à ce moment que nous saurons faire les meilleurs choix pour notre évolution.

 

 

Ereshkigal

Tout comme dans le cas de Nephthys, parler de cette Déesse Sombre doit aussi passer par l’évocation de sa soeur lumineuse. Inanna-Ishtar-Astarté descend dans le monde sous-terrain pour consoler Ereshkigal qui vient de perdre son mari. Contrairement au mythe de Perséphone, ici la Déesse descend ☆volontairement☆ dans les enfers. Ereshkigal est plus ancienne que Perséphone ce qui pourrait nous faire penser que les femmes s’initiaient (au temps de la Mésopotamie) elles-mêmes à la descente… depuis, l’initiation est subie, forcée, provoquée par la vie même (qui kidnappe symboliquement la Déesse).
Ereshkigal crée un rite initiatique pour sa soeur : elle la dépouille en lui faisant retirer tous ses attributs comme on retire des masques. Ainsi, comme d’autres Déesses Sombres, Ereshkigal recherche la Vérité. .
Traverser la Porte Noire pour rencontrer notre Ombre, c’est retrouver l’authenticité de ce que nous sommes. Des joyaux bruts. Nous nous sommes adaptées aux exigences sociales en pensant nous faire aimer ainsi. Ce n’est pas un mal ! C’était une nécessité pour notre évolution. Mais nous avons accumulé les masques et perdus nos dons et talents pour entrer en scène et jouer le mieux possible le rôle de la fille, de l’étudiante, de l’épouse, de la mère… nous avons perdu de vue ce que nous étions à la base (ce qui reste sans nos attribus et nos étiquettes). .
Nous nous sommes adaptées à la vie, à la Terre, à nos familles, à notre emploi… et ce fût une étape importante. Maintenant, il nous faut retrouver ce qu’il y a en dessous, nous séparer des identités dépassées (notre Persona) et trouver un équilibre pour vivre ici TOUT en étant authentique… car Inanna remonte à la fin !
Ereshkigal est là pour détacher nos masques et nous garder d’en prendre de nouveaux qui pourraient singer nos capacités (la sorcière, la femme fatale, …) Nous exprimons des archétypes mais nous ne sommes pas ces archétypes, attention !
Bref. Quel masque abandonnerez-vous aujourd’hui ?

 

 

 

Ma’at

Alors oui… Ma’at une Déesse sombre ? Mais qu’est-ce qui t’arrive ma p’tite Fanny ? C’est la panne d’inspiration ? 😂
J’ai résisté à ajouter Ma’at aux Déesses sombres, simplement parce que, pour moi, ce n’est pas une Déesse sombre à la base. MAIS elle intervient dans notre apprentissage de nos parts d’Ombre. Ma’aat est neutre (très neutre 😄) et de ce fait, elle est paradoxalement à la fois sombre et lumineuse : la lumière et l’ombre s’additionnent comme le chaud et le froid. Ma’at est tiède et tempérée. Elle est la voie du milieu. Un atout dans une humanité qui s’échauffe toujours un peu trop vite…
Déesse de la justice, elle est constamment à la recherche de la vérité. C’est, nous l’avons vu quasiment à chaque fois, un des traits communs à toutes les Déesses de l’Ombre. Alors oui… Ma’at a sa place ici (elle ne m’a pas lâché depuis 4 jours, si vous n’êtes toujours pas d’accord, allez voir ça avec Elle, moi j’me rends !)
En la reconnaissant dans une méditation, couverte de miroirs, j’ai pu voir toutes les parts de ce que je suis. Elle était remplie de moi et à vrai dire, j’ai à peine vu la Déesse… le message était clair : est-ce que j’étais capable de voir tous mes bouts de moi sur le même plan ? Non, pas encore. Rien que pour mon corps, j’ai des parties que j’adore et d’autres que j’aime beaucoup moins. Je ne suis pas neutre. Je ne suis pas absente de jugements sur moi.
Ma’aat reflète l’information, sans rien y changer. Les choses sont comme elles sont, point. Il n’y a pas d’éfusion de sentiments, pas de violons. Elle a déjà mesuré notre coeur… notre capacité d’amour inconditionnel. Et il va falloir tout aimer, tous les petits bouts de nous, et ce, au même niveau ! Nous devons voir que nous sommes à la fois ténèbres et lumières… et tout aimer quand même.
Pour Elle, la voie juste commence déjà par se regarder dans le miroir.

 

 

 

Sheila na gig (ou Sheela na gig ou Baubo)

Et oui, L’Europe celtique a aussi sa vision féminine de l’Ombre… et quelle vision !
Toute grande ouverte, la Déesse irlandaise de vie – mort – vie nous invite à la libération. Est-ce une porte d’entrée ou de sortie ? Les 2 à la fois, sans doute, car tout nouveauté inclus une fin. D’ailleurs, Elle ressemble parfois à Kali avec sa langue pendante (d’ailleurs on retrouve le nom « Kali na gig » dans certains textes). Sur certaines images, la Déesse a les cheveux blancs, on voit ses os, ses seins pendent, il manque des dents à son sourire… elle est au seuil de la mort et pourtant elle rit et s’ouvre de façon outrancière !
Et ce n’est donc pas pour des raisons de fertilité qu’a lieu cette exposition indécente ! Tout comme Hécate dont elle partage l’avancé dans l’âge, il n’est plus question de naissance mais de renaissance. Elle ouvre la porte de la cave intérieure, le lieu mystérieux, là où le sens de Soi est détruit. Comme Kali, elle dévore l’Ego, les faux semblants… partout dans le monde on reconnait l’idée de la descente, de la grotte pour atteindre inspiration et sagesse : c’est bine le moment de la negrido, la phase de l’Oeuvre au noir !
Oserez-vous entrer dans l’antre de l’inconscient ? Une fois dedans, il n’y a plus rien à craindre… le plus dur est fait !
Dans son giron noir, Elle est celle qui protège. Une fois dévorée, la Grande Mère prend soin de nous et ne détruit que ce que nous sommes prêtes à voir mourir : les conditionnements par exemple.
Comme ceux sur la beauté ! « As-tu peur de la veillesse ? De perdre ton joli minois ? » nous dit-elle. En renaissant une nouvelle vision s’impose. Sheila na gig nous enseigne que la beauté n’est pas exclusif à la jeunesse et la fertilité… regarde, comme elle est belle dans sa maturité. Elle rit de ses rides et se moque de ses seins flétris :  » L’important est ailleurs, entre LÀ si tu veux savoir ! »