HOPE

Hope est la 49e carte de l’oracle des tisseuses de Carolyn Hillyer (Weaver’s Oracle pour être plus précise).

Ce que je comprends de cette carte, c’est que dans n’importe quelle situation, il y a de l’espoir. Et oui, il y en a dans la mort aussi. Vie et mort sont liés intimement, et sont les fils d’un même tissu, se rencontrant encore et encore… ensemble elles forment le tissus de la vie, dans un mouvement qui n’en finit jamais. Pas de début. Pas de fin.

C’est une compréhension très féminine, qui vient avec le temps et avec la compréhension de nos saignements et de leur pouvoir. Un sang de vie et un sang de mort à la fois, qui coule de notre utérus chaque mois. Un sang à la fois de purification (mort) et de consécration (vie).

 

 

Ce que j’aime en particulier dans l’image de la carte, est la spirale dans le ventre de cette sage. Une spirale, une galaxie. L’utérus de l’univers qui a marqué de son empreinte, l’utérus de chair. La lune de la carte est croissante. Les saignement vont se finir et ils ont déjà apporté leur magie purificatrice. L’utérus est activé ! Il est une galaxie à lui seul. Une place de naissance d’étoiles.

Elle coud inlassablement sur le linceul de la mort, le rouge de la vie. Il s’agit toujours du même tissu usé, qu’elle rajeunit continuellement. Est-ce toujours d’une même vie dont il est question, ou bien de réincarnation ? Une seule âme qui tisse des expériences ?

J’aime également que cette sage aient des marques de guerrière sur le corps. Des marques rouges que j’imagine avoir été coloré par son propre sang. Ce sang naturel, obtenu naturellement (sans risquer d’y perdre la vie !) La femme qui saigne possède une magie et une force incroyable. Je reviendrai encore plus en profondeur sur la signification de l’utérus-univers.

Pour le moment, voici la traduction de la signification tiré du livret de l’oracle (en bas vous trouverez la version originale).

 

 

ESPOIR

La femme qui saigne

Elle coud la vie dans le linceul

Son fil

Dans la tente des vieilles files, les femmes apportaient le rouge. Elles s’asseyaient tous les jours, la tête penchée sur leur travail. Les vieilles filles se rassemblaient dans leur tente rouge sur des couvertures tressées rouges, posées sur des tapis épais tous tissés de rouge. Les vieilles filles buvaient du thé rouge infusé de cynorrhodons et d’hibiscus, du jus de baies cueillies dans des aubépines et des prunelles. Elles prenaient des pierres de rivière rouge et les utilisaient pour piler des granules d’ocre rouge en une pâte avec laquelle elles peignaient des bobines et des spirales sur leur peau. Les vieilles filles mangeaient des graines rose-corail de grenades rougissantes et de fruits écarlates d’un sorbier amer alors qu’elles s’asseyaient ensemble dans le rouge. Certaines de ces vieilles filles rêveuses saignaient de rouge dans la terre. D’autres femmes, perdues dans leur rêverie, frottaient de l’argile rousse et du sang cuivré et des pétales bordeaux dans leurs jupes, créant des symboles fluides qui célébraient le rouge. Et elles chantaient toutes en apportant du rouge. Oui en effet, ces vieilles filles étaient assises à partager des chansons colorées dans des nuances émerveillées de vermillon, des histoires toutes enflammées d’amour et de passion, des histoires teintées d’espoir. Les célibataires dans cette tente tournaient sur des fuseaux en bois sculpté finement; l’os avec des bâtons tournoyait dans leurs doigts, autant de tons de fibres étaient tordus, étirés et retors. Elles filaient des fibres incandescentes de braises et des fibres muettes de la terre sombre et des fibres nacrées de nouvelles graines qui dormaient sous le sol fertile. Les monticules de fibres qui diminuaient devinrent des tas de fils croissants et leurs crochets de broche tournoyaient toujours, tournant toujours, apportant toujours le rouge. Une vieilles filles était assise en train de coudre tranquillement un vieux linceul, un drap enroulé fait d’un tissu ivoire tissé grossièrement. Les fils qui sortaient de la pointe de son aiguille étaient rouge rubis; sang versé sur l’os et cramoisi renversé sur l’ivoire. Ce linceul se souvenait de la mort et ces fils faisaient avancer la vie et les motifs cousus étaient bruts et brillants. Alors que la vieille fille déplaçait son aiguille, apportant toujours le rouge, le tissu devenait une alchimie tourbillonnante de perte et d’amour, de tombe et d’utérus, de souffle final et d’espoir éveillé. Toute la vie et la mort y étaient capturées, cousues dans les textures vivantes et mourantes de l’armure. Elle créait une tapisserie sur la façon dont le changement se produit; de comment les fibres effilochées et fanées, un nouveau tissu élastique pouvait être formé. Le sang était le fondement brut de tout ce travail sacré. Par sa forte saveur, les vieilles filles réunies reconnaissait sa vérité. Par sa présence affirmée, les fils qu’elles cousaient et filaient incarnaient la vie. À travers leurs chansons rouges, elles savaient que la continuité de la vie resterait toujours intacte. Dans la tente des célibataires, les femmes apportaient le rouge, et rien ne pourrait jamais endiguer le flux constant de sang, d’espoir, de vie et d’amour qui coulait de leur tente.

 

Son tissage

Le tissu ancien se fond dans le tissu sinueux et déchiré de la mort à une extrémité et un châle de naissance qui capture la vitalité brute et la clarté lumineuse de la vie dans ses motifs à l’autre. Ce linceul est cousu avec des fils d’énergie pure. La mort, comme le commencement de la vie, est une voix brute de la nature. Un acte de mourir est un puissant catalyseur qui modifie le paysage pour tous ceux qui l’entourent. Il y a bien sûr un chagrin ici, mais la liberté et le soulagement accompagnent également un changement comme tous les englobant à cela. Le suaire enroule la vie et la mort les uns dans les autres. Ses fibres absorbent le dernier battement de cœur et le dernier souffle, mais une aiguille de sang se déplace continuellement à travers le tissu, cousant les fils rouges de la vie en tissage. L’aiguille fonctionne avec un enchevêtrement dense d’amour, de passion, de joie, de tristesse et d’autres émotions complexes. Il renverse de nouveaux rêves dans des endroits où la mort s’est rétrécie et s’estompa dans les ombres pâles. Par le travail de cette aiguille, le linceul est constamment régénéré en un tissu qui incarne l’espoir. Il n’y a pas de limite à la capacité de l’aiguille de cette femme qui saigne à coudre et à recoudre la résistance physique de la vie dans le linceul. Tout cela, elle le fait sous la lune rouge, une lumière croissante qui s’étend régulièrement dans le ciel, sortant de l’obscurité et suscitant l’espoir derrière elle. Toute femme voyageant peut rassembler de nouveaux rêves fertiles sur sa poitrine, tandis qu’une lune rouge se lève et que la route circulaire continue.

 

Son tissu

Nous sommes arrivés à ce torrent et sommes heureux de nous attarder ici un moment. Son eau est rouge rouille avec des minéraux, ses berges deviennent ambrées au soleil du matin. Nous déposons nos paquets. C’est notre tâche de porter ces lourds plis de tissu mais nos mains ont soif d’un travail plus léger pendant ces heures douces. Nous trouvons et coupons de fins crochets de saule. Nous savons que ces brindilles sont bénies par les esprits de l’eau; nous les invoquons toujours pour que le bois tourne plus facilement entre nos mains. Nous allons peler l’écorce avec soin, puis couper et lisser les os de saule pâles à l’intérieur. Mais il y a plus: un petit mamelon sculpté à l’extrémité, que nous aimons peindre en rouge avec du jus d’ocre ou de baies ou de sang d’utérus. Ce rouge signifie dynamisme, fertilité et joie, mais surtout il signifie espoir et c’est la vieille magie autour de laquelle tournent nos broches en saule. Nous nous asseyons ensemble, la tête penchée sur des mains agiles. Bientôt les crochets sont terminés et il est temps de tourner. Nous déroulons lentement nos tissus et les plaçons sous les arbres. Le tissu est si fragile et poussiéreux avec des fils dissous mais les couleurs sont toujours fortes, une masse en ruine de garance, cramoisi, écarlate, bordeaux, vermillon, pavot, carmin, grenat, rubis, roux et rose, tout débordant à travers ces linceuls. Maintenant, nous commençons à faire rouler les fuseaux dans nos doigts, à accrocher les rouges poudrés, à les tordre en fibres qui se resserrent au fur et à mesure que le saule tourne. Tandis que nous tournons, nous renforçons les rouges fragiles, les transformant en de nouvelles nuances et en approfondissant les teintes; en possibilité nouvelle, en vitalité nouvelle, en espoir renaissant, en éveil des rêves. Les linceuls abandonnent leurs fils morts et mourants pendant que nous remontons la vie sur nos fuseaux de saule.

 


HOPE

The bleeding woman

She sew life into the shroud

 

Her yarn

In the spinsters’ tent, women were bringing in the red. They sat together every day, heads bent accross their work. The spinsters gathered in their red tent on red braided blankets, laid down upon thick rugs all woven together with red. The spinsters drank red tea brewed with rose hips and hibiscus, juice made from berries plucked from hawthorn trees and sloes. They took red river stones and used them to pound red ochre granules into a paste with wich they painted coils and spirals on their skins. The spinsters ate coral-pink seeds from blushing pomegranates ans scralet fruits form bitter rowan as they sat together bringinf in the red. Some of those dreamy spinsters were bleeding red into the earth. Other women, lost in reverie, were rubbing russetty clay ans coppery blood and burgundy petals into their skirts, creating flowing symbols that celebrated red. Ans they all sang as they were bringing red. Yes indeed, those spinsters sat sharing songs coloured in vermillion shades of wonder, tales all fiery-flamed with love and passion, stories that were rosy-hued with hope. The spinsters in that tent were spinning on finely carved willo-crook spindles; the bone with sticks twirled in their fingers as many tones of fibre were twisted, stretched ans plied. They spun glowing fibres out of embers ans muted fibres from the dark earth ans pearly fibres from new seeds tha slept below the fertile soil. The dwindling mounds of fibres became growing piles of yarn and still their spindle hooks kept whirling, always turning, always bringing in the red. One spinster sat quietly sewing an old shroud, a winding sheet made form coarse woven ivory cloth. The threads that poured out from her needle tip were ruby red; blood spilled on bone and crimson spilled on ivory. That shroud remembered death and those threads brought forward life ans the patterns being sewn were raw and bright. As the spinster moved her needle, always bringing in the red, the cloth became a swirling alchemy of loss and love, grave and womb, final breath and waking hope. All of life and death were caught there, sewn into the dying, living textures of the weave. She was creating a tapestry of how change happens; of how frayed and faded fibres, a new resilient fabric may be formed. Blood was the raw foundation of all that sacred work. By its sharp tang, the gathered spinsters recognised its truth. Through its affirming presence, the threads they stitched and spun embodied life. Through their red songs, they knew the continuity of life would always remain intact. In the spinsters’ tent, women were bringing in the red, and nothing could ever stem the constant flow of blood and hope and life and love that poured out from their tent.

 

Her braid

The ancient fabric fades into the ragged winding cloth of death at one end and a birthing shawl that catches the raw vitality and bright clarity of life into its patterns at the other. This shroud is sewn with threads of pure energy. Death, like the inception of life, is a raw voice of the nature. An act of dying is powerful catalyst that alters the landscape for everyone around it. There is a grief here of course, but freedom and relief also accompany a change as all encompassing at this. The shroud winds life and death into each other. Its fibres absorb last heartbeat and final breath, but a blood needle is continuously moving across the cloth, sewing the red threads of life into weave. The needle works with a dense tangle of love, passion, joy, sadness and other complex emotions. It stiches new dreams back into places were death has shrunk and faded the to pale shadows. By the work of this needle, the shroud is constantly being regenerated into a fabric that embodies hope. There is no limit to the capacity of this bleeding woman’s needle to sew and re-sew the resilient physicalty of life back in the shroud. All this she does beneath the red moon, a waxing light that steadily expands across the sky, riding up from of darkness and drawing hope behind it. Any traveling woman might gather new and fertile dreams to her breast, while a red moon rises and circle road moves on.

 

Her cloth

We have arrived to this stream and are glad to linger here a while. Her water is rust-red with minerals, her banks are turned amber in the morning sun. We put down our bundles. It is our task to carry these heavy folds of cloth but our hands crave lighter work during these gentle hours. We shall find and cut some slender hooks of willow. We know such twigs are blessed by water spirits; we always invoke them so that the wood might turn more easily in our hands. We will peel the bark with care then trim and smooth the pale willow-bones inside. But there is more : a small nipple carved onto the end, which we like to paint red with ochre or berry juice or womb blood. This red means vibrancy, fertility and joy, but most of all it signifies hope and that is the old magic around which our willow-hook spindles turn. We sit together, heads bent over nimble hands. Soon the hooks are done and it is time to spin. We unwrap our cloths slowly and lay them out beneath the trees. The fabric is so fragile and dusty with dissolving threads but the colours are still strong, a crumbling mass of madder, crimson, scarlet, burgundy, vermillion, poppy, carmine, garnet, ruby, russet and rose, all spilling out across those shrouds. Now we start to roll the spindles in our fingers, hooking up the powdery reds, twisting them into fibres that tighten as the willow turns. As we spin we strenghten the frail reds, plying them into new shades and deepening hues ; into fresh possibility, new vitality, resurging hope, awakening dreams. The shrouds give up their dead and dying threads while we wind life back onto our willow spindles.