SAUMON

Ce mois-ci, nous restons dans la thématique du sang avec un enseignement de plus sur le pouvoir de nos saignements. Oui, décidément, le sauvage et le sang sont extrêmement reliés cette année (voir les articles précédents). Pour le mois de juin, l’énergie féminine sera placée sous les auspices de la jeune-fille chasseuse qui saigne.

La maiden.

L’artemis.

La femme qui court avec les loups !

Mais après quoi court-elle si vite et avec tant d’acharnement ? Elle ne réfléchit pas à sa destination… c’est la Terre qui guide ses pas ! Et elle l’invite à revenir à la tente rouge de la féminité pour saigner avec ses soeurs. Pour honorer les sangs de toutes les femmes, de toutes les ancêtres.

Car il n’y a pas que la chasse qui la fortifie. Chaque saignement dans la joie et l’honneur augmente sa bravoure.

Le pouvoir du sang fait de nous des reines.

Il active le passage de la Vierge à la femme mature, l’impératrice, la couronnée.

 

 

Voici la traduction du conte de la carte 13 Saumon, du Weavers Oracle (version originale ci-dessous)

 

SAUMON

Ancêtre de la Maison du Souvenir

SON FIL

Quelle a été la chanson jouée à travers le pays cette année-là, qui a conduit au retour? Peut-être le chuchotement des saumons se dirigeant en amont vers leurs maisons de colline; peut-être les mélodies sifflantes des hirondelles et autres oiseaux voyageant en volant vers le soleil du sud; peut-être le doux murmure des biches rouges, lourdes de jeunes et revenant aux lieux de naissance familiers. De nombreuses chansons de retour ont été chantées cette année-là, mais une seule a appelé la coureuse aux pieds nus alors qu’elle courait à travers le pays: le solide chant de la terre du tambour de retour. Elle était jeune, son âme était sûre et ses membres étaient forts. La brise du matin caressait sa poitrine et emmêlait ses cheveux dans une bannière volante. Les bracelets de cheville de cerf créaient de la lumière autour de ses pieds et les plumes de héron tournant de sa ceinture ouvraient la voie à sa course. Elle était ravie par le tambour rapide de la terre et elle chanta, lau hey ya kehpé! alors que ses pieds battaient un rythme régulier, rêvant avec le rythme cardiaque de la terre. Et pendant qu’elle voyageait, la coureuse aux pieds nus portait le pouvoir d’éveil de l’épanouissement merveilleux qui est la manière habituelle des jeunes filles de courir vers la féminité. En effet, elle était une chasseuse de la fleur de sang et donc elle chanta, lau hey kerak tak he hey! tandis que ses pieds qui courent firent un pacte avec la terre. La terre d’éveil devint la fine lame le long de laquelle affûter son courage et la corde tendue de l’arc contre laquelle tester sa force. Infatigable comme un saumon, elle parcourait de grandes distances et changeait de terrain. Tenace comme un saumon, elle poussait au-delà de tout doute pour mener cette chasse convaincante. Intuitive comme le saumon, elle chantait l’appartenance, heyi ya ha makakeshé! et elle chantait son voyage de retour. Et ses pieds battaient les sentiers, et le sang tambourinait dans ses veines, et ses os sonnaient au rythme de la terre d’attente. Elle était devenue une partie de la danse qui se déroulait, une partie de la chanson non formée de la joie de vivre partagée encore et encore entre les femmes excitées aux pieds nus, des fleurs de sang au tambourinement rapide et la terre réceptrice. Par l’odeur des saisons ou le mouvement des étoiles ou le mystère durable de la terre, la chanson de retour l’a convoquait à la source. Chaque jour, elle courait plus loin, établissant de jeunes sentiers à travers les vallées, ouvrant des pistes vierges à travers les collines, établissant de nouveaux sentiers à côté du ruisseau. Finalement, la piste qu’elle courait devenait familière et ses pieds commençaient à reconnaître le contour du sol. Désormais la chanson qui revenait avait entièrement rempli son corps et enfin elle sauta, comme un saumon tordu, comme une flèche rapide, comme un tambour de course, comme une nouvelle femme dans le premier frisson enivrant de sa floraison, au cœur de cette Maison du Souvenir.

 

SA TRAME

Le tambour rapide des hautes landes joue des rythmes urgents le long des anciennes routes terrestres que les ancêtres recherchent lorsqu’ils poursuivent leur voyage de retour. Le tambour accélère au rythme du cœur ardent de chaque voyageur, l’invoquant alors qu’elle se met en route à travers le pays. Sur la piste, le coureur pieds nus se penche dans la poursuite. C’est une chasseuse sur le chemin du retour mais aussi de sa propre aventure, une fille apprenant à se revendiquer. Comme le saumon revenant des mers salées vers les hautes eaux, son corps s’assouplit, son esprit devient intrépide et son esprit s’affine à la clarté froide d’un ruisseau de colline. Elle sait comment écarter un arc de sa détermination et tailler des flèches de la pureté de son intention. Elle suit le premier sang; elle parle de fleurs de sang, le premier seuil de la maison des femmes. Quand au moins elle localisera cette maison, elle retrouvera aussi la reconnaissance de sa transition d’enfance qu’elle désire. Il est crucial de préserver les initiations rouges à l’intérieur des maisons sacrées des femmes; ils ont le pouvoir de propulser une fille dans la féminité avec grâce, courage et confiance. De tels rites affirment qu’elle a bien chassé et l’envoyer dans le monde sur un flot d’énergie de transformation lumineuse.

 

SON TISSU

Voyez-nous arriver, cette foule de femmes fleurs de sang arrivant à la maison des hérons ornées de notre beauté rouge, chantant des chansons de sang pendant que nous dansons pieds nus à travers la porte: béni soit ce sang sur nos jupes, béni soit ce sang sur nos cuisses! Nous avons dansé sur les collines, à travers les champs, dans les rues de la ville, à l’abri des blessures et des maisons et des bureaux, parce que nous avons ressenti le pouvoir pulsant dans nos entrailles jeunes, matures et anciennes. Maintenant, nous enlevons nos chemises et remplissons les bols de pâte de terre rouge; maintenant, nous utilisons des brindilles pour enduire les symboles du saumon sauvage sur toute notre peau. Nous avons fait des tambours menstruels, de petits tambourins brillants ornés de chiffons veloutés, de dentelles flottantes et de boucles de coquillages nacrés. Nous rions alors que nous épinglons des fleurs cramoisies dégoulinantes dans les cheveux des autres. Honneur à notre sang, nous appelons, honneur au sang de nos mères ! Voir cette foule de femmes fleur de sang assises dans la maison du héron, brillantes dans nos moments de joie partagés, vibrante rouge. Nous dispersons des pétales autour des orteils. Nous sommes drapées dans l’adoration de nos sœurs, parées de la beauté qui se reflète dans les yeux de chaque femme. Nous sommes assises trônant sur la terre humide. Nous brillons. Maintenant, nous déballons et plaçons des mots de fleurs de sang, les idées sages, sauvages et drôles que nous avons recueillies de nos utérus jeunes, matures et anciens. Nous passons nos mots de sang comme des baies fraîches, ou des cerises juteuses, ou des grenades sérieusement symboliques. Nous mangeons ces mots avec enthousiasme car ils ont le goût de notre bon sang, de notre sang fort et de la magie puissante qui coule, ou qui est enfermé, dans nos entrailles. Honneur à ton sang, nous chantons, honneur à notre propre sang! Cette foule de femmes fleur de sang rient. Petit à petit, notre chant devient plus bruyant et étonnamment audacieux.

 

Fleur de sang ou Calypso du Mexique (asclepias curassavica)

 

 

 


SALMON

Ancestor of the Remembered Home

 

HER YARN

What was the song that played across the land that year, which led to the returning ? Perhaps the whispering of salmon heading upstream to their hill homes; perhaps the piping melodies of swallows and other voyaging birds flying out towards the southern sun; perhaps the soft murmuring of red hinds, heavy with young and circling back to the familiar birthing grounds. Many returning songs were sung that year but only one called to the barefoot runner as she raced across the land : the solid earth-chant of the homeward drum. She was young, her soul was certain and her limbs were strong. The morning breeze caressed her breast and tangled her hair into a flying banner. Deer toe anklets created light around her feet and the heron feathers spinning from her belt served to open up a good path for her run. She was enraptured by the earth’s fast drum and so she sang, lau hey ya kehpé ! as her feet hit a steady rythm, dreaming with the heartbeat of the land. And as she travelled the barefoot runner caried the awakening power of blossoming wonder that is the customary way of maidens racing into womanhood. Indeed she was a hunter of the bloodflower and thus she sang, lau he hey kerak tak he hey ! while her running feet make a pact with the earth. The awakening land became the fine blade along which to sharpen her courage and the taut bowstring against which to test her strenght. Tireless as a salmon, she covered great distances and shifting ground. Tenacious as a salmon, she pushed beyond slef-doubt to lead that compelling chase. Intuitive as salmon, she sang of belonging, heyi ya ha makakeshé! and she sang her journey of return. And her feet pounded the paths, and the blood drummed in her veins, and her bones rang with the rythms of the waiting land. She had become part of the unfolding dance, part of the unformed song part of the exhilaration shared over and again between excited barefoot fast-drum bloodflower women and the receiving earth. By the scent of the seasons or the movement of stars or the enduring mystery of the land, the returning song summoned her tot the source. Each day she ran further, laying down young trails through the valleys, opening up virgin tracks across the hills, setting out fresh paths beside the stream. Evetually the track that she was running grew familiar and her feet began to recognise the contour of the ground. Bu now the returning song had entirely filled her body and at last she leapt, like a twisting salmon, like a swift arrow, like a racing drum, like a new woman in the first intoxicating thrill of her flowering, into the heart of that remembered home.

 

HEIR BRAID

The fast drum of the high moors plays urgent rhythms along the old earth routes that ancestors seek as they pursue their journey home. The drum speeds to the pulsing of each traveller’s yearning heart, summoning her onwards as she sets her course across the land. On the trail way up ahead, the barefoot runner leans into the chase. She is a hunter og the homeward path but also of her own adventure, a girl learning how to claim herself. Like salmon returning from salt seas to high waters, her body grows supple, her spirit becomes intreprid and her mind sharpens to the cold clarity of a hill stream. She knows how to fasion a bow from her determination and carve arrows from the purity of her intent. She is following first blood; she is talking bloodflower, the first threshold into the women’s house. When at least she locates this house, she will also find the aknowledgement of her transition from childhood that she desires. It is crucial to preserve red initations inside woman’s sacred houses; they have the power to propel a girl into womanhood with grace, courage and confidence. Such rites affirm that she has hunted well and send her out into the world on a flood of bright transformation energy.

 

HER CLOTH

See us coming, this crowd of bloodflower women arriving to the heron house adorned in our red beauty, singing blood songs as we dance barefoot through the door : blessed be this blood on our skirts, blessed be this blood on our thighs ! We have danced over hills, though fields, down city streets, out of hurts and homes and offices, because we have felt the pulsing power within our young, mature and ancient wombs. Now we are stripping away our shirts and filling bowls with red earth paste; now we are using twigs to daub wild salmon symbols all across our skin. We have made menstrual drums, small bright tambourines adorned with velvety rags, flutterly lace and loops of pearly clattering shells. We are laughing as we pin dripping crimson blossoms into each other’s hair. Honour to our blood, we call, honour to our mother’s blood ! See this crowd of bloodflower women sitting in the heron house, glowing in our shared moments of red vibrating joy. We scatter petals all around toes. We are draped in our sisters’s adoration, decked in the beauty that reflects through each women’s eyes. We sit enthroned upon the damp earth. We are shinning. Now we unwrap and lay out bloodflower words, the wise and wild and funny insights we have gathered from our young, mature and ancient wombs. We pass our blood words round like fresh berries, or juicy cherries, or seriously symbolic pomegranates. We eat those words with gusto for they taste of our good blood, our strong blood and the powerful magic that flows from, or is hel within, our wombs. Honour to your blood, we sing, honour to our own blood ! This crowd og bloodflower women are laughing. Gradually our singing becomes more boisterous and surprisingly bold.