Allumeuse ?

Mon cheminement avec les tisseuses du Weaver’s oracle continue… et cette fois, c’est la carte de chamane de la terre qui est venu m’honorer de sa présence lumineuse et rouge.

Je sais, à l’heure où j’écris ces lignes, qu’elle me parlait du feu du coeur, cet atelier rénové il y a quelques jours à peine. Elle est celle qui allume et nous invite aussi à faire crépiter nos flammes intérieures.

 

 

Voici la traduction du conte de la carte 1, l’allumeuse, chamane de la terre, du Weavers Oracle (version originale ci-dessous)

 

ALLLUMEUSE

Chamane tisseuse de la terre

Elle est la gardienne du foyer

SON FIL
La gardienne du foyer se leva du sol et se déplaça, allumant des bougies dans l’obscurité profonde de l’ancienne maison. Bientôt, elle réveillerait le cœur dans le feu et mettrait des ombres dansantes sur les pierres. Autour de l’année, elle ramassait du bois pour les feux rituels; de la bruyère pour un allumage rapide, des ajoncs pour les flammes chaudes et des boutons de charbon de bois pour garder le noyau brillant pendant les heures lentes qui conduisent à l’aube. De cette façon, elle nourri à la fois le foyer et les femmes qui venaient s’asseoir à côté; ces feux offraient de la chaleur aux voyageurs et de la nourriture à leurs âmes. Et quand les femmes parlaient, elle allumait les flammes sous leurs histoires. Le bois d’allumage scintillait et craquait tandis que leurs mots intimes scintillaient, magnifiquement, illuminés dans un lit de braises palpitantes. Elle faisait cuire des herbes et de l’eau dans une bouilloire battue qui avait été conduite le long de nombreux sentiers agités avant de rentrer chez elle; ainsi il a su les manières de voyager des femmes et comment chanter le réconfort dans leurs cœurs. Les femmes regardaient ce vieux récipient en cuivre briller à l’intérieur des flammes et attendaient avec leurs bols à thé pendant que la vapeur coulait à travers la fumée, liant et libérant tous leurs récits sauvages de la route ouverte. Un accueil toujours assis à côté de ce foyer. Une fois, de frêles anciens sont venus faire une cérémonie de chants du désert et de prières bruyantes; ils soufflaient des vents parfumés à la sauge autour de la maison. Une autre fois, des femmes de l’extrême nord gelé ont amené des os d’ours pour les enterrer à côté des pierres chaudes et ont tambouriné un souvenir fragile de glace à travers la terre alors qu’elles crachaient et travaillaient leur magie du rêne. Au fil du temps près de ce foyer, les sœurs de la jungle rugissaient, les sœurs de la forêt étaient enthousiastes et les sœurs exilées chantaient devant des esprits résilients qui attendaient toujours dans leurs maisons de montagne perdues depuis longtemps. De nombreux voyageurs ont apporté de la terre pour frotter le sol sous forme de poignées de prière parfumée à la terre. Et les mères de la vieille esprit arrivaient toujours à l’ancienne maison, marchant de paysages sauvages oubliés et de légendes vétustes pour se regrouper à la porte, se traînant à l’intérieur, secouant les mains et les pieds glacés. Le gardien du foyer se penchait pour entretenir le feu tandis que les vagues de femmes montaient et coulaient autour d’elle. Elle a construit les flammes avec de fines brindilles jusqu’à ce que des étincelles jaillissent pour rencontrer la fumée drapée. La maison était silencieuse à ce moment-là, sauf pour le bois cassé et la douce montée d’air. Les ombres tremblaient à travers la lumière ambrée; les flammes plongeaient et s’étiraient lorsque les brises nocturnes soufflaient sous les peaux attachées à la porte. Elle ferma les yeux et sentit les fantômes de nombreux incendies anciens qui brûlaient le long du fil du temps sans fin; de cette manière, la gardienne du foyer conservait les souvenirs durables du feu. Elle se remit sur ses talons, chantant les nouveaux feux qu’elle allumerait encore et encore à l’intérieur des pierres.

SA TRESSE
Le bois d’allumage illumine le cœur à l’intérieur du foyer et enflamme le chant dans le feu. Les premiers feux sacrés sont sortis des ténèbres, allumés des cendres oubliées du passé, et maintenus en vie grâce aux prières des femmes nourries avec le bois dans les flammes. Une femme du foyer insuffle de l’énergie et des possibilités dans le feu. Les braises, avec leur chaleur et leur lumière si soigneusement nourries par ses mains, sont les graines éclatantes de tout ce qui est à venir. Elle attise les flammes pour attirer encore et encore une nouvelle force dans l’ancien feu. Les contes magiques sont tirés des cendres, lacés dans la fumée et brûlés dans une flamme chaude; un foyer bien entretenu bercera et protégera les nombreuses histoires de feu qu’un voyageur porte dans son sang et ses os. Ces contes sont formés à partir des petits détails individuels de son voyage et des puits profonds de la mémoire ancienne partagée par toutes les femmes du foyer. Ses histoires de feu révèlent les modèles de son âme; ils aident à démêler qui elle est et à remodeler qui elle est libre de devenir. Mais elle doit trouver les bonnes histoires pour la guider afin de ne pas risquer de se retrouver piégée dans des contes qui ne lui servent pas bien. Une histoire qui nourrit son esprit l’accompagnera avec grâce et sagesse pendant de nombreuses années. Tout comme les contes du voyageur sont pris au feu, le feu est capturé par la bouilloire en cuivre. Ce vaisseau bruni, fait du don de sang de la terre, danse si intimement avec le feu rêveur, forgeant un lien entre les mondes physique et intuitif. Enveloppé dans les reflets de la flamme vivante et de la vie quotidienne des femmes, le cuivre se transforme. Il devient un écho brillant de toutes les histoires de feu sacrées qui se déplacent autour de son corps.

SON TISSUS
Béni cette terre, béni cette terre: avec ces mots, nous renforçons les murs de notre maison sacrée avec des cérémonies du feu et soutenons le toit avec des chants de feu. Béni cette prière que nous faisons circuler : avec ces mots nous protégeons nos pierres de foyer avec des offrandes de sel et de terre. Nous revenons toujours, quand la nuit touche l’aube ou avec la lune changeante ou au fur et à mesure que la saison tourne, prendre nos places à côté de ce foyer qui attend. Béni ce feu, béni cette flamme; avec ces mots, nous soufflons doucement sur les braises précieuses d’où naît notre feu. Béni ce foyer que nous allumons à nouveau: maintenant nous déposons nos paroles dans le feu, nourrissant les flammes avec des histoires que nous avons emportées avec nous et avec des contes que nous avons récoltés dans nos vies. Il y a tellement d’histoires qui brûlent dans nos cœurs. Parfois de la poésie sauvage qu’une fois que nous avons glanée dans ces flammes inspirantes, nous apportons maintenant à se dissoudre à nouveau dans leur chaleur. Parfois, nous partageons des fils étranges et troublants qui nous ont libérés de la vie quotidienne, nous faisant hurler et chanter. Parfois, nous apportons de simples mots de perte, de gratitude et d’émerveillement, que nous glissons tranquillement dans les cendres chaudes. Dans la lueur du feu de cette maison sacrée, nous offrons nos histoires les plus chères comme combustible pour les flammes. Ils forment de petites étincelles d’énergie qui dégringolent à travers la fumée puis s’éloignent dans le monde comme des graines enflammées par le vent. Qui sait quelle femme les trouvera ensuite et en sera inspirée ou réconfortée?

 


KINDLE

Shaman weaver of earth

She is guardian of the hearth

 

HER YARN 
The hearth keeper got up from the floor and moved about, lighting candles inside the deep dark of the ancient house. Soon she would wake the heart within the fire and set shadows dancing on the stones. Around the year she gathered wood for the ritual fires ; heather for fast kindling, gorse for hot flames, and charcoal nubs to keep the core glowing through the slow hours that led to dawn. In this way she nurtured both the hearth place and the women who came to sit beside it ; those fires offered warmth to travellers and food to their souls. And when the women spoke she lit the flames beneath their stories. The kindling sparked and cracked while their intimate words would shimmer, beautifully, illuminated within a bed of pulsing embers. She cooked herbs and water in a battered kettle that had been carried out along many restless trails before returning home; thus it knew the ways of travelling women and how to sing comfort into their hearts. The women
watched that old copper vessel flash inside the flames and waited with their tea bowls while steam wound through the smoke, binding and releasing all their wild tales from the  open road. A welcome always sat beside that hearth. One time, frail elders came to make a ceremony of desert songs and rattled prayers; they blew sage-scented winds around the house. Another time, women from the far frozen north brought bear bones to bury there beside the warm stones and drummed a brittle memory of ice across the land as they spat and worked their reineer magic. Over time beside this hearth, jungle sisters roared, forest sisters keened and exiled sisters sang to resilient spirits still waiting in their long lost mountain homes. Many travellers brought soil from their lands to rub as handfuls of earth-scented prayer into the floor. And old spirit mothers were always arriving to the  ancient house, walking from wild forgotten landscapes and timeworn legends to cluster at the dorway, shuffling in, shaking out chilled hands and feet. The hearth keeper leaned in to tend the fire while the waves of women ebbed and flowed around her. She built up the flames with fine twigs until sparks leapt to meet the draping smoke. The house was silent then but for snapping wood and the soft upward rush of air. Shadows trembled through amber light; flames dipped and stretched when night breezes blew beneath the hides tied at the door. She closed her eyes and smelled the ghosts of many ancient fires that burned along the endless edge of time; in this way the hearth keeper preserved the enduring memories of fire. She rocked back on her heels, singing to the new fires that she would kindle over and again inside the stones.
HER BRAID 
Kindling wood illuminates the heart inside the hearth and ignites the song within the fire. The first sacred fires arrived out of darkness, kindled from the forgotten ashes of the past, and kept alive through women’s prayers fed with the wood into the flames. A hearth woman breathes energy and possibility into the fire. The embers, with their warmth and  light so carefully nurtured by her hands, are the glowing seeds of all that is to come. She fans the flames to draw new strength over and again into the ancient fire. Magical tales are spun from ashes, laced through smoke and seared in hot flame; a well-tended hearth place will cradle and protect the many fire stories that a traveller carries in her blood and bones. These tales are formed out of the small individual details of her journey and from deep wells of ancient memory shared by all hearth women. Her fire stories reveal the patterns of her soul; they help to unravel who she is and reshape who she is free to become. But she must find the right stories to guide her so she does not risk becoming trapped within tales that do not serve her well. A story that feeds her spirit will accompany her with grace and wisdom for many years. Just as the traveller’s tales are caught by fire, so fire is captured by the copper kettle. This burnished vessel, made from the blood gift of the earth, dances so intimadetely with the dreaming fire, forging a bond between physical and intuitive worlds. Wrapped in reflections of both living flame and women’s daily lives, the copper transforms. It becomes a gleaming echo of all the sacred fiery stories that move around its body .
HER CLOTH 
Blessed this earth, blessed this ground: with these words we strengthen the walls of our sacred house with fire ceremonies  and hold up the roof with fire songs. Blessed this prayer that we pass around : with these words we protect our hearthstones with offerings of salt and soil. We always return, when night touches dawn or with the changing moon or as the season turn, to take our places beside this waiting hearth. Blessed this fire, blessed this flame; with these words we blow softly across the precious embers from which our fire is born. Blessed this hearth that we kindle again: now we lay our words into the fire, feeding the flames with stories we have carried with us and with tales we have harvested from our lives. There are so many stories burning in our hearts. Sometimes wild poetry that once we gleaned from these inspiring flames, we now bring to be dissolved again into their heat. Sometimes we share strange and unsettling yarns that have unfettered us from daily life, causing us to howl and croon. Sometimes we bring simple words of loss and gratitude and wonder, which we slip quietly into the warm ashes. In the fire glow of this sacred house we offer our most cherished stories as fuel for the flames. They form small sparks of energy that tumble through the smoke then drift away into the world like fiery wind-blown seeds. Who knows which woman will find them next and be inspired or comforted by them?