Une Mère de glace dans son élément

L’année dernière, j’ai utilisé pour chaque cycle lunaire, le magnifique oracle de Carolyn Hillier…
Ses Grands-Mères, tour à tour tisseuses et chamanes, sauvages et sages ont complété à merveille mon cheminement avec les 13 Mères Originelles.
Certaines sont revenues très souvent, lune après lune, insistant sur une de mes dimensions que j’avais à explorer. Elles sont tellement puissantes et remuantes, que je ne pouvais pas faire un travail plus court avec chacune d’entre elles : 1 par mois est largement suffisant (Kasia de TarotMap n’en étudie même plus qu’une seule pour toute l’année ! Cela vous donne un peu une idée de tout ce que porte ces cartes en elles.)
Et voici déjà, le moment de la dernière Ancienne à vous présenter avec le texte traduit du livret. Cette année, je continue ma marche circulaire avec cet oracle… mais j’ai décidé également d’y ajouter une dimension plus céleste : ce sera l’union plus tangibles de 2 dimensions. Entre ciel et terre.
J’espère, entre temps, vous avoir donné l’envie d’acquérir ses cartes si mystérieuses ! Le fabuleux travail de Carolyn mérite vraiment d’être connu 🙂
Voici donc ICE/GLACE, une carte on-ne-peut-plus cohérente avec la météo du moment ! !
Je dois bien avouer que je l’a trouve un peu inquiétante… et ce n’est rien à côté de son histoire : Elle transforme nos os en diamants (donc notre matière en spiritualité) mais elle est parallèlement destructrice. Une Kali de la glace !
Mais l’un va avec l’autre n’est-ce pas ?
Aucun développement spirituel ne se fait sans souffrance ou conflit. Sans destruction. Et c’est tout à fait ce que j’ai pu vivre à ses côtés.
Elle utilise son épée pour détruire tout ce qui doit l’être.
Tout ce qui n’est pas la Vérité…
Son intervention est ce qui nous ramène à notre Maison-Soi. Notre diamant intérieur. Notre Moi supérieur.
Elle est donc radicale… mais bienvenue !
Voici son histoire :
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SON FIL
Une chasseuse était en mouvement à travers la terre froide. L’air amer mordait à travers les peaux qu’elle portait,ses membres étaient raides, sa peau frottée à vif. Elle suivait une nouvelle proie, suivant des traces inconnues, ignorant qu’elle n’était pas la seule chasseuse sur ces collines. Elle atteint le sommet. Son souffle était comme des éclats d’os alors qu’elle aspirait de l’air glacé dans ses poumons. Elle scruta la pente, repéra le mouvement; la danse de la chasse s’accélérait. Toute la journée, elle avait traqué la bête. Puis elle entendit un son cassant, le craquement des brindilles, un silence encombré. Son cœur battait alors qu’elle se concentrait sur sa proie. Encore une fois le son mais plus proche maintenant; comment une créature pouvait-elle se déplacer si vite? Elle tira son couteau en se préparant à sauter mais le sang se figea dans ses veines. Qu’est-ce que c’était? La forme d’une femme mais tout à fait différente de son propre corps allongé étroitement lié à son vêtement déchiqueté, une peau qui brillait comme la terre d’hiver. Ce n’était guère humain car les caractéristiques étaient si étrangement assorties. Les doigts d’une longue main étaient tendus jusqu’à la pointe, et autour du cou étaient enfilés des diamants purs. La chasseuse était dépassée. Jamais avant elle ne s’était approchée si près d’une beauté si brillante et elle laissa tomber le couteau, honteuse d’avoir pensé détruire cette perfection. La créature de glace se balança, fixant la chasseuse avec des yeux transparents. Elle chassait également d’étranges proies, poursuivant le feu qui brûle froid, qu’elle utilisait pour alimenter la vivacité de la terre gelée, pour faire remuer l’espoir et réveiller les promesses enfouies sous chaque racine d’arbre endormie. Mais ce feu habitait le mieux dans les cœurs humains, allumé
par leur foi inébranlable que l’hiver se terminerait inévitablement et qu’une nouvelle vie reviendrait à la terre. Alors la femme de glace travaillait rapidement pour voler les flammes qu’elle désirait. Sa lame de diamant vacilla et attira le regard de la chasseuse. La chasseuse la regarda monter et fendre l’air. Elle vu la coupure sur sa poitrine et allait s’appuyer contre la douleur mais il n’y en avait pas! Au lieu de cela, un tremblement brûlant emplit la plaie; elle était consumée par de la glace fondue chauffée à blanc. Cela sauta en rubans enflammés tout autour d’elle, se répandant sur le sol. Elle se tenait à l’intérieur d’une colonne brûlante de feu froid qui se déversait dans la terre! Puis peu à peu le feu se dissipa en petites flammes léchant ses pieds. La créature fondit comme de la glace dans le paysage. Pendant longtemps, la chasseuse resta silencieuse et seule à l’intérieur de la forêt. Chaque partie d’elle était différente
et changée, comme si elle était remplie par la grâce d’un million de fragments maintenus ensemble par la lumière seule. Un jour après, elle a glissé et est tombée, se fracassant sur une pierre dure. Plus tard, lorsque les femmes préparèrenr son corps brisé pour la tombe, quelque chose scintillait au plus profond de sa chair. Elles se penchairent et virent qu’elle était illuminée de l’intérieur. Ses os étaient en diamant, chacun d’eux.
SON TISSAGE
La cruauté et la vérité sont parfois trop étroitement liées l’une à l’autre pour qu’il y ait une certitude quant à savoir lequel est clairement lequel. Les os de diamant sont un bon exemple de quand cela se produit. L’essence brutale de l’histoire, où les os humains chauds sont remplacés par des éclats froids et scintillants, détourne la signification de cette initiation. Le sacrifice fait partie de la nature de relation avec l’élan durable de la vie. En fin de compte, un but plus grand est servi en coupant le feu qui brûle à froid du corps de la chasseuse afin de nourrir la faim de la terre pour un nouvel espoir. De vastes réservoirs d’énergie attendent d’être libérés de l’obscurité froide pour entrer dans la saison accueillante de la croissance. L’histoire de cette chasseuse dicte qu’il doit y avoir un échange pour que le feu soit libéré, qui agit comme un catalyseur transformant à la fois la terre et la voyageuse qui la traverse. Mais cet échange peut être
impitoyable et austère. Et ainsi les os, avec toute cette richesse de mémoire humaine et d’émotion enfermés dans leur moelle, deviennent des diamants de glace aux multiples facettes, chacun étant le reflet de la vérité qui traque la terre: que la nature est sans compromis et son passage à travers les flux et reflux du changement ne peut pas être arrêté. Face à cela, le vaisseau humain est sans défense. Cependant, l’histoire tire à sa fin alors que la voyageuse est éclairé par la grâce du chasseur. En acceptant l’inévitable transmutation de son moi mortel, elle est douée de la clarté de diamant de la vérité à l’intérieur de ses os.
SON VÊTEMENT
Nous sommes audacieuses et courageuses, sœurs, nous qui acceptons le défi d’être des chasseuses sur la terre glacée. Nous nous sentons obligées de chasser, cela ne fait aucun doute, mais nous nous méfions. Résolues mais sachant que notre parcours est incertain et que nos compétences sont loin d’être pleinement formées. Mais nous devons suivre cette nouvelle proie. Comme la multitude de femmes qui ont chassé ici avant nous, nous cherchons le feu qui brûle froid. C’est la clé, de la nature à naître qui est vraie, mais aussi de notre propre régénération en tant que chasseuses et en tant que vaisseaux de la terre sauvage. Nous recherchons donc les réponses à nos propres vies à travers les collines d’hiver. Bien sûr, notre proie nous égarera loin et se moquera de chacun de nos mouvements, mais nous avons un esprit fort et ne reviendrons pas en arrière. Nous ne nous faisons aucune illusion sur cette quête glaciale. Nos os seront marqués sombrement jusqu’à leur moelle par ce paysage. Nous serons rayées, éraflées et sculptées jusqu’à ce qu’il semble que nous ne soyons tenues ensemble que par la lumière froide. Chaque chose que nous pensions savoir sur nous-mêmes sera pelée, rendue nue et exposée à l’air fragile et impitoyable. Mais nous sommes audacieuxses et courageuses, sœurs, et nous ferons le tour de la danse de la chasse tandis que le contrat douloureux que nous avons fait ici vienn briller comme une blessure fraîche. Un jour, nous serons libérées de ces forêts gelées mais pas encore. Nous devons d’abord apprendre à devenir la flèche claire et la lance rapide. Ce n’est qu’alors que nous pourrons espérer comprendre ce que signifie vraiment être vivant. Ce n’est qu’alors que nous pourrons être libérées de la cruauté insouciante des diamants, pour trouver enfin la vérité de la lumière à l’intérieur de nos os.
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HER YARN
A hunter moved through the cold land. The bitter air bit through the hides she wore,
her limbs were stiff, her skin rubbed raw. She was tracking a new prey, following unfamiliar tracks, unaware that she was not the only hunter on those hills. She reached the summit. Her breath stabbed like shards of bone as she drew frozen air into her lungs. She scanned the slope, spied movement; the hunting dance was quickening pace. All day she trailed
the beast. Then she heard a brittle sound, the crack of twigs, a crowded silence. Her heart pounded as she focused on her prey. Again the sound but nearer now; how could a creature move so fast? She drew her knife preparing to leap but then the blood froze in her veins. What was this? A woman’s form yet quite unlike her own, elongated body tightly bound in
shredded cloth, skin that shone like winter soil. It was hardly human for the features were so strangely matched. The fingers of one long hand were held up sharpened to the tip, and around the neck were strung pure diamonds. The hunter was overwhelmed. Never before
had she come so close to such bright beauty and she dropped the knife, ashamed that she had thought to destroy this perfection. The ice creature swayed, fixing the hunter with transparent eyes. She also hunted strange prey, pursuing the fire that burns cold, which she used to fuel the quickening of the frozen earth, to cause hope to stir and waken promises buried beneath each sleeping tree root. But this fire dwelled best in human hearts, kindled
by their unswerving faith that winter would inevitably end and new life return to the land. So the ice woman worked fast to steal the flames that she desired. Her diamond blade flickered and drew the hunter’s gaze. The hunter watched it rise and slice down through the air. She saw the slash across her chest and braced against the pain but there was none!  Instead a burning tremble filled the wound; she was consumed by white-hot molten ice. It leapt in fiery ribbons all around her, spreading across the ground. She stood inside a burning column of cold fire that poured out into the land! Then gradually the fire subsided into small flames licking at her feet. The creature melted like ice into the landscame. For a long time the hunter stood silent and alone inside the forest. Every part of her felt different
and changed, as if she was filled by the grace of a million fragments held together by light alone. One day long after she slipped and fell, smashing herself onto hard stone. Later, when women prepared her broken body for the grave, something glittered deep inside her flesh. They leaned close and saw she was illuminated from within. Her bones were made of diamond, every one.
HER BRAID
Cruelty and truth are sometimes wound too tightly into each other for there to be certainty as to wich is clearly which. The diamond bones are a good example of when this happens. The brutal essence of the story, where warm human bones are replaced with cold glittering shards, distracts from the significance of this initiation. Sacrifice is part of nature’s
relationship with the enduring momentum of life. Ultimately a greater purpose is served by slicing out the fire that burns cold from the hunter’s body in order to feed the hunger of the land for new hope. Vast reservoirs of energy are waiting to be liberated from chill darkness out into the welcoming season of growth. This hunter’s tale dictates that there must be some exchange for the fire to be released, which acts as a catalyst transforming both the earth and the traveller who is journeying across it. But that exchange may be
merciless and stark. And so bones, with all that wealth of human memory and emotion locked into their marrow, become many-faceted icy diamonds, each one a reflection of the truth that stalks the land: that nature is uncompromising and its passage through the ebbs and flows of change cannot be stopped. When faced by this the human vessel is without defence. However, the story draws to its end as the traveller is illuminated by the hunter’s
grace. In accepting the inevitable transmutation of her mortal self, she is gifted with the diamond clarity of truth inside her bones.
HER CLOTH
We are bold and brave, sisters, who accept the challenge to be hunters in the icy land.
We feel compelled to hunt, there is no question about that, but we are wary. Resolved but knowing that our course is uncertain and our skills are far from fully formed. But we must track this new prey. Like the multitude of women who have hunted here before us, we seek the fire that burns cold. It is the key, to unborn nature that is true, but also to our own regeneration as hunting women and as vessels of the untamed land. So we stalk the answers to our own lives out across the winter hills. Of course our prey will lead us far astray and mock our every move, but we have strong spirits and will not turn back. We harbour no illusions about this icy quest. Our bones will be marked darkly to their marrow by this landscape. We will be scratched and scraped and carved until it seems we are held together only by cold light. Every single thing we thought we knew about ourselves will be peeled back, rendered naked and exposed to the brittle unforgiving air. But we are bold and brave,
sisters, and we will circle through the hunting dance while the painful contract we have made here glitters like a fresh wound. One day we will be released from these frozen forests but not yet. First we must learn to become the clear arrow and the quick spear. Only then may we hope to understand what it really means to be alive. Only then may we be freed from the careless cruelty of diamonds, to find at last the truth of light inside our bones.