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Authenticité VS socialité ?

Dépression, mal être, maladies chroniques, burn out…

SheArtsWild apporte la solution de l’authenticité sauvage pour retrouver la joie d’être.

Mais il y a une réalité dont je parle peu : la réaction sociale à cette authenticité.

Ce n’est pas nouveau. Jung a rédigé des ouvrages sur l’impact de l’individuation face à la société. Entre forces d’oppositions et rejets, les dynamiques sociales toxiques se révèlent, aujourd’hui comme à l’époque.

Il était temps pour moi, d’honorer la douleur du besoin social alors que l’on marche dans une voie d’intégrité.

—> vous trouverez aussi un petit guide pour gérer les dynamiques sociales toxiques et protéger ton intégrité.

Survivre au tsunami d’individuation 

Je rêvais que je réussissais à survivre à un tsunami en courant et en traversant de nombreux obstacles . Mon but? Survivre. J’étais déterminée. Il me fallait trouver refuge avec ma famille, sur une colline.

Alors que le miracle s’accomplit après bien des déboires (dont passer par une minuscule fenêtre de toilettes !) le danger vint d’ailleurs.

Voici qu’un inconnu me bousculait et m’égorgeait.

Quelle ironie ! Quelle colère !

Tous ces efforts pour ça !

—> Ce rêve avait rejoué de manière hautement symbolique, ce que j’avais vécu la veille : un rejet social digne des cours de récréation pour lequel je n’avais pas pleinement accepté les sensations de colère.

Surtout, il me rappelait que le face à face à nos ombres intérieures ne sont pas notre seul danger psychique.

Lors de ma course à la survie, des inconnus me refusaient certains passages, cherchaient à me ralentir et restaient froids.
 
Cela peut représenter ce que Jung appelait la confrontation avec l’ombre sociale : les dynamiques relationnelles toxiques, jalouses ou hostiles qui apparaissent lorsqu’on s’individue (quand on prend sa distance ou qu’on change).
 
Après la réussite de l’épreuve de l’individuation (soit l’accès à la colline) j’attendais dans mon rêve une récompense qui n’arrivait pas. Pire ! C’était l’inverse.
 
À travers ce rêve, mon schéma intérieur se révélait être encore de la forme :
 
 
effort → mérite → reconnaissance
 
Or la réalité ne suit pas cette équation.
 
 

Qu’est-ce qu’une dynamique sociale toxique ?

Mon inconscient m’expliquait que j’avais nié une souffrance. 
 
Nous humains, sommes des animaux sociaux. 
 
Nous ne pouvons pas ignorer ce besoin.
 
Ni que des étincelles se produisent toujours lorsque notre besoin de paix intérieur se confronte à une structure sociale toxique qui récompense la conformité, la soumission ou le rôle attendu.
 
Une dynamique sociale toxique est un schéma répétitif dans les relations où les besoins, les limites ou l’authenticité d’une personne sont ignorés ou punis.
 
La pression sociale sert alors à maintenir un certain contrôle ou un statu quo, plutôt qu’à favoriser l’épanouissement des individus.
 
La reconnaissance, la valeur ou la récompense sont accordées non pas pour l’intégrité ou l’authenticité, mais comme je le disais, pour la conformité et la soumission.
 
Dans mon cas, cela a été un refus d’être constamment humiliée dans mon cercle familial. Puis, un refus de me comporter comme d’autres l’exigeaient.  
 
Rien d’original !
 
Rien d’original non plus à ce que mon entourage réagisse quand je leur ai dit « non ».
 
Je me suis immédiatement heurtée au rejet puissant d’un bloc d’individus —> Ce qui n’est rien d’autre qu’une façon de renforcer les normes sociales locales, même si elles sont injustes ou abusives.
 
C’est exactement le mécanisme classique des environnements où l’authenticité est perçue comme une menace. Les gens préfèrent que nous jouons le rôle qu’ils connaissent, même si ce rôle nous fait souffrir.
 
 
Pourquoi cela fait si mal ?
 
Même si nous savons rationnellement que nous avons raison de dire non, le rejet qui s’en suit, active une douleur profonde. L’être humain a un besoin fondamental d’appartenance (psychologie évolutionnaire, Maslow) et de reconnaissance sociale.
 
C’est justement ce qui angoisse l’individu et le freine dans son alignement intérieur.
 
D’autant plus qu’il ne suffit pas de dire « non » une fois ! Ou de traverser le rejet une fois.
 
Le groupe toxique peut mettre en place un renforcement négatif où plus on affirme nos limites, plus le rejet augmente, ce qui crée un cycle douloureux :
 
affirmation → rejet → douleur → affirmation encore plus forte → rejet encore plus fort…
 
Cela est d’autant plus souffrant que les souvenirs d’humiliations passées ou d’abus, vont renforcer la sensibilité au rejet actuel. Même des situations mineures peuvent alors déclencher une souffrance intense. C’est ce qu’on appelle la « mémoire émotionnelle »

Libérée, délivrée

 
Bien que nous savons ne pas être responsables des comportements des environnements les plus toxiques, nous ne pouvons nier subir leurs effets.
 
Leurs stratégies inconscientes sont souvent les suivantes :
 
  • Humiliation et chantage social pour maintenir le contrôle ;
  • Exclusion et rejet pour tenter de “remettre dans le rang” ou punir la désobéissance ;
  • Projection et culpabilisation. Les personnes en position de pouvoir projettent leurs frustrations sur ceux qui refusent de jouer le jeu.

Bien que je connaisse ces schémas et qu’un premier rejet m’ai faite sourire…  j’ai été surprise par l’adoption de ce comportement chez de nouvelles personnes.

Figée, j’ai alors niée être profondément irritée et attristée. Merci à la vie pour cette piqure de rappel qui m’a donné envie d’écrire sur ce sujet.

Car même si notre situation semble s’améliorer, il ne faut jamais négliger que vouloir rester intègre alors que nous sommes immergés dans un écosystème émotionnel toxique, est difficile.

 
Comment survivre et commencer à se libérer
 
Voici quelques idées pour travailler sur notre dés-identification à ce besoin de reconnaissance extérieure souvent liée à notre éducation :
  • Reconnaître et nommer les abus. Nous avons le droit de dire “Ce comportement est inacceptable, même si c’est toi, xxxxxx, membre de ma famille.”
  • Créer des espaces sécurisés. Même en ligne ou à distance, établir des relations d’amitié et de communauté où  l’intégrité est valorisée est un réel soutien !
  • Redéfinir la reconnaissance. Il faut accepter que certaines personnes ne vont jamais reconnaître notre mérite. Nous ne serons jamais assez pour les mauvaises personnes. Au lieu d’être obséder à ouvrir leurs yeux sur qui nous sommes et notre droit inné à l’amour… il est plus sage de chercher la validation dans des environnements sains. Ou – encore mieux – à l’intérieur de soi, en se re-parentant. Vous pouvez vous dire autant de fois que nécessaire « oui, c’est bien, bravo ! Félicitations ! Je suis fière de toi ! »
  • Pratiques émotionnelles. Tenir un journal, méditer ou pratiquer l’auto-compassion sont des outils incroyables pour nous aider (voir à ce sujet le livre culte de Rosenberg sur la communication non violente).
 

Honorer son courage

Affirmer ses limites et refuser l’humiliation est une étape extrêmement courageuse de notre vie.
 
Et la souffrance que l’on ressent ne doit absolument pas être vue comme un signe d’échec, mais comme le reflet d’un environnement toxique qui résiste à notre authenticité.
 
Soyons doux avec nous-mêmes, alors que l’on apprend à naviguer ces situations progressivement, sans fuir ni s’éteindre. Il n’est pas nécessaire de dire « non » à tout et ensuite de culpabiliser de ne pas avoir réussi à rester aligné.
 
L’affirmation de soi se fait graduellement. En choisissant des moments et des façons de faire qui préservent notre énergie. 
 
Sur le long terme, la douleur diminue souvent quand on trouve enfin des relations et des communautés qui valorisent l’intégrité. 
 
Parfois, une seule personne suffit ! Une seule relation saine peut nous aider à protéger notre bien-être émotionnel et à renforcer notre autonomie sociale.
 
Sachez cependant, qu’une réactivité émotionnelle intense même pour de petites interactions est très fréquente quand on a été longtemps dans un environnement toxique. Le corps et l’esprit restent en alerte, comme si chaque situation sociale pouvait redevenir humiliante ou menaçante.
 
Même lorsque l’on évolue dans une communauté plus saine, il est fréquent de ne pas encore se sentir en sécurité.
 
Comme le dit Stephen Porges, il y a une différence entre être en sécurité et se sentir en sécurité.

Guide

pour gérer les dynamiques sociales toxiques

et protéger ton intégrité

 
 
Se préparer mentalement
 
1. Identifier nos limites et valeurs
 
   Faire la liste de ce que vous refusez absolument (humiliations, participation forcée, chantage émotionnel) et une autre de ce que vous souhaitez défendre ou pratiquer (authenticité, liberté de choix, intégrité).
 
2. Se donner la permission de ressentir
 
   Les émotions intenses sont normales dans ces situations. Ne cherchez pas à les juger. Par contre, nommer l’émotion “Je ressens de la colère / de la peur / de la tristesse” et rester avec les sensations, aident le cerveau à réduire l’intensité.
 
3. Pratique de centrage
 
   Respiration profonde et ancrage physique (sentir le contact du sol ou de la chaise, avec les pieds ou le bassin).
 
 
Affronter les situations minimales ou quotidiennes
 
1. Micro‑affirmations
 
   Oser dire “je choisis de ne pas participer” sans se justifier ou convaincre.
 
2. Détachement émotionnel progressif
 
   Imaginer la situation comme si on regardait un film, en tant qu’observateur, sans être absorbé par le scénario. Cela permet de prendre du recul pour mieux de se détacher de nos attentes inconscientes.
 
3. Limiter l’exposition
 
   Participer moins longtemps aux interactions et moins souvent.
   Préparer des sorties ou tâches qui donnent un espace pour respirer.
 
 
Stratégies de communication
 
1. Communication assertive
 
   Formulez votre besoin en utilisant “je” : “Je ne peux pas participer à ce comportement” tout en évitant le jugement (pas de « tu »). On se concentre sur soi et ses limites.
 
 
2. Réponse minimale
 
   Les provocations ou humiliations cherchent à créer des réactivités. Sans elles, il n’y plus d’intérêt ! Répondre très brièvement (ou pas du tout).
   Par exemple « pourquoi tu dis cela ? » permet de mettre la personne face à la responsabilité de ses dire. Ou « tu peux répéter ? » permet d’éloigner le temps de réponse, ce qui évite de réagir (en plus, avec la durée d’attente, cela fait diminuer la dopamine que l’abuseur tente de se créer).
   Ces deux phrases sont simples à répéter. En les préparant par avance, elles réduisent l’énergie mentale nécessaire à trouver des réponses qui préservent son intégrité.
 
 
Renforcer son autonomie émotionnelle
 
1. Journal de reconnaissance
 
   Notez chaque fois que vous agissez selon vos valeurs, même dans une petite situation.
 
 
2. Rituels de récupération
 
  Après une interaction difficile : marche, écriture, méditation, bain chaud, ou musique… sont idéales pour réguler le système nerveux.
 
 

Sortir des jeux de domination

 
La douleur du rejet diminue avec l’habitude de l’affirmation. Et chaque petit succès construit une résilience émotionnelle car le cerveau apprend peu à peu que la réaffirmation de nos limites n’est pas dangereuse.
 
Voici quelques exercices pratiques pour tester les astuces ci-dessus en toute sécurité :
 
1. Visualisation
 
   Imaginez une interaction qui vous ferait normalement souffrir.
   Visualisez-vous affirmant calmement vos limites en respirant profondément et en restant centrée.
 
2. Simulation avec un ami de confiance
 
   Rejouez des situations passées avec un allié en utilisant les phrases de désengagement (« tu peux répéter ? » et « pourquoi tu dis ça ? » doivent devenir des automatismes !)
 
Nous ne pouvons pas contrôler la réaction de notre entourage à notre évolution (nous n’avons pas à le faire en fait !) mais nous pouvons contrôler comment nous gérons nos limites, notre intégrité et nos émotions.
 
Après tout, n’est-ce pas là le véritable pouvoir personnel ?
 
—> avis aux plus perspicaces : avez-vous remarquez que les illustrations alternent entre plantes toxiques et représentations symboliques du Soi ? 
 
D’ailleurs, les plantes poison ont été utilisées par les myrrophores pour guérir les blessures émotionnelles.
 

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