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Marie Madeleine, la Myrophore

Vaste sujet que celui de Marie-Madeleine !

Qui était-elle vraiment ? Comment a-t-elle vécu ? Quel fut son lien véritable avec Jésus ?

Ici, nous nous concentrerons en priorité sur son lien avec les parfums : Maire-Madeleine en tant que Myrrophore.

C’est un titre qui s’applique à Elle à la fois de façon biblique, liturgique et symbolique. 

Comme nous allons le voir, il s’enracine profondément dans les pratiques funéraires de l’Antiquité ainsi que dans une compréhension particulière du sacré, distincte de la prêtrise institutionnelle.


Qu’est-ce qu’une « myrrophore » ?

Le mot vient du grec ancien :

  • μύρον (mýron) : myrre, parfum, onguent, huile aromatique

  • φέρειν (phérein) : porter

Ainsi, au sens purement littérale, une myrrophore est une « porteur de myrrhe » ou plus globalement, une « porteuse de parfum ».

—-> En particulier, dans les Évangiles, les Myrrophores (notez que cette fois, c’est avec un M majuscule) sont les femmes qui, au matin de Pâques, se rendent au tombeau de Jésus.

Leur but est d’embaumer son corps avec des aromates (Mc 16,1 ; Lc 24,1), comme le font les myrrophores.

Marie-Madeleine est la plus connue d’entre elles, mais la tradition orientale inclut aussi : Marie, mère de Jacques ; Salomé ; Jeanne et d’autres femmes disciples.

Elle se différencie des autres « porteuses de parfum » parce qu’elle cumule deux autres fonctions majeures dans le récit de Pâques :

  • Elle aussi le témoin du tombeau vide.
  • Et c’est Elle qui reçoit la première l’annonce de la Résurrection et la transmet aux apôtres (ce qui lui donnera son autre titre d’ « apôtre des apôtres » ).

Dans la liturgie byzantine, Marie-Madeleine est donc appelée : la Myrrophore et l’égale des apôtres.

Des pratiques funéraires avant tout

Dans le monde antique (juif, grec, romain), les onguents servent à honorer le corps et à retarder sa corruption. 

Le parfum a aussi une valeur très pratique.

Mais il est utilisé aussi d’élever l’âme et de faire la transition entre les mondes des vivants et les mondes des morts. Il a donc également une valeur spirituelle.

Dans la Bible, les parfums sont liés au Temple, au sacrifice et à la présence divine. Ce sont des vecteurs du sacré.

C’est pourquoi, à cette époque, l’huile parfumée sert à oindre les rois, les prêtres et parfois les prophètes.

 

Et féminine

Dans le judaïsme du Ier siècle, le contact avec les morts rend rituellement impur. C’est pourquoi les prêtres du Temple ne s’occupent pas des cadavres.

Ce sont les femmes, surtout les femmes proches du décédé, qui vont le prendre en charge.

Elles font sa toilette, l’embaume et pratique les lamentations rituelles (dont je vous parle plus en profondeur dans l’atelier de la Blessure du Coeur).

Les myrrophores sont donc historiquement celles qui pratiquent le sacré mais en dehors du temple. Dans la sphère domestique.

Elle ne sont donc pas des prêtres dans le sens de leur présence dans le Temple : Elles n’officient pas à l’autel, ne sacrifient pas d’animaux et ne portent pas les vêtements sacerdotaux.

Mais ce sont Elles qui accomplissent les derniers gestes sacrés sur les corps :

  • Oindre = consacrer

  • Parfumer = rendre digne de Dieu

  • Veiller le corps = accompagner le passage

La révélation 

Comme nous l’avons vu, le cas de Marie-Madeleine est différent des autres myrrophores de l’antiquité. 

Elle ne va pas aller honorer n’importe quel corps mais Elle va aller oindre le Christ en se rendant, avec d’autres femmes au tombeau.

C’est le corps d’un Grand Prêtre que ces femmes sont censées parfumer pour sa grande transition.

Mais Elles arrivent trop tard… parce que la Résurrection a déjà eu lieue.

Leur geste va donc dépasser le simple rite funéraire. Parce que ce sont les premiers témoins des mystères de la Résurrection, leur acte va devenir une révélation.

C’est ici que le titre de Myrrophore prend toute sa force pour Marie-Madeleine et les femmes qui l’accompagnent.

En venant pour un mort, Elles vont faire la rencontre du vivant !

Et Elles vont recevoir une parole à annoncer aux autres.

Leur mission a changé. Le parfum n’est plus versé sur un cadavre. Il est devenu le symbole de la bonne nouvelle répandue. Et la Myrrophore devient sa messagère.

Saint Jean Chrysostome résume ainsi :

« Les femmes furent envoyées là où les prêtres n’osaient entrer. »

Marie-Madeleine se tient donc à plusieurs frontières. 

Elle est Celle qui va articuler un rite antique (de la vie et de la mort), vers la révélation qui sera la source de la nouvelle religion chrétienne. 

Du silence funéraire… à la proclamation. Les Myrrophores obtiennent une Voix, là où les myrrphores agissaient dans l’ombre et l’impur.

Sans être des prêtresses du Temple, voici qu’une place leur est accordée dans le ministère. À des femmes !

C’est pourquoi l’Orient chrétien vénère Maire-Madeleine comme Myrrophore et non pas comme un figure de pénitence… (ce qui est le grand tort de notre tradition d’Occident !)

Nous distinguerons donc ici la myrrophore avec un m minuscule, qui est la porteuse de parfums (en lien avec les rites de la mort et donc avec la mort). Et la Myrrophore avec un M majuscule, qui est celle qui honore le Christ et annonce la Résurrection, donc la Vie.

—-> la première Huile que je vous proposerais de rencontrer est la myrrhe. C’est un peu la star de cet atelier, puisque que le nom des myrrophores vient d’elle.

Une vraie incontournable !

Je vous propose donc de vous fournir cette huile essentielle.

Dans la suite, nous continuerons également d’explorer l’histoire des myrrophores et le lien entre le féminin et les parfums.

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