EQ03-05-Morgan
Morgan-le-Fey, héritière des myrrophores ?
Passer de Marie-Madeleine à Morgan le Fey n’est pas arbitraire : on reste dans la même constellation symbolique.
Morgan n’est évidemment pas une myrrophore au sens chrétien strict, mais le titre s’applique à elle de façon analogique, archétypale et mytho-rituelle.
Voyons comment et pourquoi Morgan peut être comprise comme une myrrophore au sens profond.
La myrrophore symbolique
Au-delà du christianisme, c’est à dire, en sortant le concept de la myrrophore hors de son contexte chrétien, elle est une figure qui :
- S’approche du corps blessé ou mort
- Manie des substances de transformation (onguents, parfums, élixirs)
- Opère dans un espace liminal (tombe, île, seuil, nuit, aube)
- N’accomplit pas un sacrifice, mais un soin
- Se tient entre mort et retour, sans toujours provoquer la résurrection
- Est une femme, souvent marginale par rapport au pouvoir officiel
Nous l’avons vu, les myrrophores se rapprochent autant des prêtresses que des prophétesses (mais elles n’oeuvrent pas dans l’institution ou les temples).
Elle est avant tout, une gardienne du passage.
À ce titre, Morgan est une myrrophore par excellence.
Avant d’être diabolisée, qui est Morgan dans les sources anciennes ?
- Morgan est fée, c’est-à-dire être du seuil
- Elle est guérisseuse
- Elle connaît les herbes, baumes, onguents
- Elle vit à Avalon, île hors du monde
- Elle accompagne Arthur mourant
Dans les textes médiévaux anciens (ex. Vita Merlini, Geoffroy de Monmouth) Morgan est celle qui sait « restaurer le corps par l’art des plantes ».
Elle n’est pas d’abord sorcière, elle est une femme médecine sacrée.
C’est dans une scène en particulier que le parallèle entre Morgan et les myrrophores est le plus fort, lorsqu’Arthur est mortellement blessée et amené à Avalon.
À ce stade, Arthur n’est ni totalement mort ni vivant. À l’issu du combat, son corps est retiré et confié à des femmes. Exactement comme le Christ descendu de croix ou le corps attendu au tombeau.
Dans plusieurs versions du mythe des Chevaliers de la Table Ronde, Morgan conduit la barque qui mène vers Avalon.
Elle veille le roi et promet guérison ou retour.
Ainis, comme les myrrophores elle ne combat pas, elle ne règne pas… son rôle est de soigner, de s’occuper des corps et de les garder.
Avalon joue le rôle du tombeau et du jardin des Myrrophores. Il s’agit à chaque fois des mêmes archétypes de l’espace intermédiaire.
Surtout, Morgan est associée aux herbes de guérison, onguent et baumes, potions… Il est dit qu’elle est la meilleure des élèves de Merlin et qu’elle excelle dans la magie des plantes.
Son savoir est corporel et naturel.
Dans le monde celtique, ce rôle est analogue aux femmes qui lavent les morts et qui oint les corps.
Dans ce cadre, le parfum n’est pas seulement odorant, il est mémoire du monde vivant et il maintient le lien avec la chair.
Aujourd’hui, on pourrait même dire qu’il maintient le lien avec le réel face à l’artificiel.
Morgan est donc la grande guérisseuse et la porteuse d’onguent, même sans myrrhe biblique.
Une autre différence, encore plus essentielle avec Marie-Madeleine est que Marie venait au tombeau pour honorer un mort alors qu’elle trouvait un vivant et surtout, nous l’avons vu, une parole. Elle devient la messagère et l’envoyée de l’annonce qui créera la religion chrétienne.
La parole est que la mort est vaincue définitivement.
Morgan le Fey, elle, reçoit un mourant, qu’elle retire du monde pour le soigner et le conserver en secret.
La mort n’est plus vaincue mais différée. Suspendue.
Leur grande différence, c’est ce retour au secret des prêtresses qui initient. Au contraire de Marie-Madeleine, Morgan ne proclame pas : elle retient.
Elle est une myrrophore du voile, non de l’annonce (donc pas une Myrrophore avec un grand M).
Les grandes myrrophores et leurs différences
Pour moi, il existe trois myrrophores : la première, c’est Isis et la dernière, c’est Morgane. Marie-Madeleine se tient entre ces deux extrêmes.
Le point commun fondamental elles, c’est de se tenir face à un corps masculin, royal ou divin… défait et brisé.
Pour Marie-Madeleine, le corps brisé est celui de Jésus. Pour Morgane c’est celui d’Arthur et pour Isis, celui du Dieu Osiris.
Dans les trois cas, on remarque qu’Elles n’interviennent jamais avant la chute.
Elles apparaissent quand le pouvoir est impuissant (et nous verrons encore plus loin, d’autres relations avec le phénomène d’impuissance individuelle).
Leur premier geste n’est pas de prendre le règne politiquement ou religieusement.
- Marie-Madeleine ne dirige pas les disciples
- Isis n’est pas reine régnante quand elle agit
- Morgan n’est pas souveraine de Logres
Leur autorité reste corporelle et relationnelle, pas institutionnelle.
Un autre point commun entre ces trois figures, c’est bien entendu le savoir des herbes.
Isis possède le savoir de l’onguent opératif qui recompose le corps, le réintègre. C’est par l’action du parfum que la résurrection devient possible.
Isis est une myrrophore active.
Pour Marie-Madeleine, le parfum est interrompu (lors de la Résurrection, non pas lors de ses précédentes onctions sur le corps vivant de Jésus).
Comme nous l’avons vu, Elle apporte les aromates au tombeau, mais comme le corps n’est pas là, elle ne les utilisera pas.
On peut voir que Marie-Madeleine est une myrrophore dépassée car le rite est rendu caduc par le Dieu lui-même.
Quand à Morgane, son baume est conservateur.
Elle connaît les herbes d’Avalon qui soignent, apaisent et endorment. Ainsi, elle empêche la corruption, tout comme les prêtresses antiques empêchaient la putréfaction des corps.
Cependant ici, son baume retarde la mort sans la vaincre.
Morgan est une myrrophore suspensive.
Autre point commun, toutes les trois oeuvrent dans des lieux liminaux qui sont le tombeau et le jardin de Béthsémanie ; le marais du cercueil retrouvé (voir le mythe Isiaque) ; Avalon.
Le pouvoir de la parole est différent dans les différents cas.
Isis, prononce des formules secrètes. Sa parole est magique et efficace (elle détient le nom caché).
Marie-Madeleine possède une parole, non plus magique mais prophétique.
Et Morgan-le-fey retient ses mots. Le silence est initiatique, comme les prêtresses des Mystères d’Éleusis.
Leur rapport au pouvoir du masculin est aussi très différent : Isis restaure le Roi-Dieu et Morgane retire le roi du monde.
Marie-Madeleine semble ne pas avoir de pouvoir sur Jésus.
Osiris revient comme roi des morts, Jésus ressuscite pour toujours et Arthur reviendra un jour (peut-être) !
Derniers points communs, leur destin historique.
Isis, d’abord intégrée finira par être interdite sous l’Empire Romain.
Marie-Madeleine par l’entremise des papes, sera moralisée et affaiblie.
Morgane, sera diabolisée.
—-> Plus leur autorité est corporelle et féminine, plus elle est suspecte.
Toutes trois s’approchent du corps, manient les herbes, occupent l’espace du sueuil et ne passe pas par l’institution.
Mais chacune répond à une cosmologie différente.
Pour résumer, si Marie-Madeleine est Myrrophore de la Résurrection, on trouve en la figure de Morgan le Fey, une myrrophore de l’Autre Monde
L’une ouvre le tombeau et fait sortir la vie.
Alors que l’autre ferme le monde et garde le roi pour le retour futur.
Ce sont deux réponses religieuses à la même question : que faire du corps blessé quand l’ordre du monde vacille ?
C’est une question individuelle aussi comme nous le verrons plus loin.
À la rencontre des sagesses cachées
Le but de la méditation qui va suivre, est de nous connecter à une plante de votre choix, de ressentir ses caractéristiques et comprendre la sagesse qu’elle véhicule.
Nous serons donc particulièrement attentif à tout symbole véhiculé par les végétaux que nous rencontrerons dans cet état méditatif.
Vous pouvez reprendre les étapes de la rencontre en conscience de la dernière page (s’ancrer, respirer l’huile, …)
Cela nous permet d’habiter un peu plus notre corps et nos ressentis, ce qui active notre conscience et notre intuition. En pleine conscience, nous apprenons à diminuer l’afflux de nos pensées… ce sont en générale ces pensées qui nous désorientent lors de nos voyages chamaniques.
Mais vous allez voir, avec la pratique, cette étape va devenir optionnelle. C’est à dire, que si vous ne possédez pas l’huile qui vous intéresse (ou qu’une odeur vous dérange trop mais que vous souhaitez tout de même aller à sa rencontre), c’est tout à fait possible !
Une méditation active
Maintenant, réunissez le matériel dont vous aurez besoin pour voyager (une couverture, un verre d’eau, de quoi écrire votre expérience…) N’oubliez pas que le son est de bien meilleur qualité avec un casque audio (ce qui pourra faciliter votre expédition !)
Quand vous serez prêts, vous pourrez lancer l’audio suivant.
Pensez une dernière fois à votre intention : rencontrer l’esprit d’une plante et recevoir une sagesse.
Bon voyage !
N’oubliez pas de décrire dans votre cahier, votre expérience, car tout comme les rêves, les détails des voyages vont se perdre très vite.
L’étape suivant sera de vous renseigner sur cette plante dans les différents ouvrages que vous possédez : trouvez-vous des correspondances ? De grandes différences ? En quoi la plante que vous avez choisie, pourra vous être utile dans votre évolution personnelle ? Est-elle un soutien dans un démarche que vous avez déjà commencer ? Une nouvelle orientation?
Myrrhe
Vous avez peut-être déjà pu faire l’expérience de sa richesse et de sa puissance à ce stade.
Un pur délice pour les sens… mais aussi la mise en mouvement d’une grande énergie (capable de créer des tremblements de tout le corps.)
Une rencontre en méditation vous a peut-être permis de découvrir ses quelques sagesses supplémentaires.
Voici une liste non exhaustive de ce qu’elle a pu vous montrer et vous transmettre… en dehors de ce qu’on peut trouver sur elle :
- des sagesses sur la croissance spirituelle et le pardon
- comment se connecter à la Source, à la fois une « bonne façon de faire » et aussi une méthode d’identification de la « bonne Source »
- des symboles autour de l’éveil de l’âme
- des questionnement identitaires forts : qui suis-je, que suis-je venue faire ici, comment servir ?
- une clarté sur vos talents spirituels et de vos abilités
- la sagesse de l’élévation de conscience par le coeur (le coeur comme boussole de notre vie, de nos pensées et des nos actes)
- ou une plongé au coeur de notre ombre avec un focus sur nos peurs et nos insécurités pour les intégrer
- une libération de nos prisons créées par nous-mêmes
- des informations sur le lâcher prise, notamment émotionnel : les fardeaux qui pèsent sur le coeur étant très toxiques
- une aide à trouver l’espace de pardonner à tous ceux qui nous ont fait du mal ou nous ont contrarié
- ou comment nous pardonner à nous mêmes nos actes et comportements
- pourquoi il ne faut pas résister au changement, en ignorant les demandes de l’égo à rester accrocher à ce qui ne nous sert plus.
- comment intégrer les pensées négatives, la peur du futur, la méfiance envers les autres, la peur d’être incompris, les débordements de colère ou de tristesse… qui empêche au coeur d’irradier
- des sagesses sur le blâme
- le trésor de la compassion
- son affinité avec les chakras racine, coeur et gorge, qui surprise ! sont en général, les chakras les plus impactés pour les femmes
- une résurgence des émotions autour de l’abandon par la mère
- des enseignements sur la culpabilité
- tout un travail sur la lignée féminine entre les femmes, que ce soit les blessures entre soeurs, entre mères et filles ou mêmes mère fils, avec les cousines, les tantes…
