L’Illusion des Flammes Jumelles (Partie 1)
Je risque de ne pas me faire beaucoup d’amis avec cette série d’articles.
Mais soyons audacieux et osons dire les choses : le concept de « Flammes Jumelles » ne peut ni être confirmé dans la matière, ni infirmé.
Voici donc plusieurs post pour exprimer ce que j’ai appris sur le sujet depuis les années 2000.
Et on commence direct dans cette Partie 1, avec ce que j’ai pu voir dans mes parcours thérapeutiques à ce sujet :
—-> des réponses traumatiques ont curieusement l’allure du phénomène des jumeaux d’âme.
Légitime
La plupart des Chasers et médiums ou tireuses de cartes nous disent la même chose : il faut être Flammes Jumelles pour les comprendre.
Alors, sachez que j’ai de la légitimité à en parler car j’ai été identifiée comme telle à plusieurs reprises… « en parcours long » qui plus est.
Aujourd’hui, je suis mariée avec 2 enfants et heureuse dans ma sphère sentimentale. Mes besoins sont comblés.
Mais non, ce n’est pas avec un Jumeau !
J’ai aussi croisé beaucoup de « Flammes Jumelles » dans ma pratique et dans de nombreux échanges sur mes réseaux sociaux. J’ai parlé avec une quantité astronomique de Chaser ! J’ai fait des expériences ludiques avec eux.
Surtout, j’ai posé des questions sur leur enfance et découvert beaucoup de ressemblance…
D’un autre côté, je n’ai jamais croisé dans la réalité vraie, des Flammes Jumelles en réunion. Et non, les couples qui vendent des formations en se montrant sur Youtube n’en sont pas pour forcément… quand on creuse un peu dans l’histoire, il y a trop de failles qui ne correspondent pas au soit-disant parcours.
Bref. J’ai passé du temps à enquêter et rencontrer des personnes en souffrance, qui cherchaient du sens à leurs difficultés. Elles avaient besoin de comprendre que toutes ces douleurs, avaient une raison.
Elles avaient besoin d’espoir.
Or… au bout d’un moment, le concept Flammes Jumelles ne fait plus sens, du tout.
Je vais m’expliquer avec des arguments et des exemples concrets.
Et je vais même aussi vous parler de mes propres visions chamaniques sur ce sujet.
Vous aurez donc droit à des informations de deux dimensions du cerveau : gauche et droit. Rationnel et affectif.
Autrement dit : j’ai gratouillé vos croyances et l’égo n’est pas content.
C’est votre responsabilité d’aller voir pourquoi votre corps a réagit si fortement.
- Qu’est-ce qui a été touché là ?
- D’où ça vient ?
—-> ce sont des choses que l’on explore en thérapie (et en séance d’art thérapie avec suivi en ce qui me concerne).
Les commentaires réactifs resteront sans réponse de ma part, mais sentez-vous libres de vous lâcher en bas de page !
L’élu
Le concept de Flammes Jumelles marche sur nombreux d’entre nous par ce que le besoin d’être « l’élu » est une réponse traumatique.
Dans l’imagination des personnes traumatisées, existe, bien avant la rencontre du Jumeau, des narrations de sauvetage.
Souvent par un ou une amoureuse.
Toujours par quelqu’un d’intense.
On retrouve ce système dans les romances narrées dans les films, séries, en littérature… où l’héroine (car le plus souvent les Chasers sont des femmes) a vécu une enfance sans protection. Souvent avec des abus physiques et/ou émotionnels au quotidien.
Puis, un tournant arrive dans sa vie : un homme la voit enfin pour ce qu’elle est et brûle de la protéger.
On retrouve la même chose pour de nombreuses Chasers :
- un manque de protection des figures parentales durant l’enfance (un père alcoolique et une mère qui n’intervient pas par exemple);
- un manque d’écoute et d’empathie (parents narcissiques) ;
- un abandon ou un rejet de la figure d’autorité principale (souvent le père et un Oedipe non résolu sainement) ;
- parfois un parentage émotionnel (avec enchevêtrement maternel par exemple).
Cela nous offre un terreau fertile pour s’accrocher au concept des Flammes Jumelles, car nous devenons des élues FJ.
Ce qui est sensé être rare (mais ne l’est plus du tout, comme vous l’aurez remarqué !)
Le père terrestre a certes abandonné le futur Chaser, mais le monde invisible (qui, peu importe nos croyances, reste symboliquement le Père Céleste) nous choisit.
Et enfin, la souffrance passée trouve tout son sens.
Le Chaser a affronté cette douleur. Ça, il sait faire. Il sait se sacrifier pour les autres et faire taire ses besoins.
Le voici donc plein d’espoir… car la clé de son bonheur n’est pas de changer, ce qui difficile. Mais de continuer à traverser une douleur familière qui va magiquement prendre fin dans le retour de l’autre, après un certain quota d’avancés spirituelles peinantes.
L’attachement fait des siennes
Cette douleur là se trouve dans un objet d’amour qui va avoir les mêmes caractéristiques que son ou ses parants : quelqu’un d’un peu inaccessible, qui souffle le froid et le chaud.
Le Chaser reproduit son style d’attachement hérité de son enfance, comme tout le monde.
Ce qu’il a lui, dans toutes ses relations, c’est presque de l’amour.
Oui. Presque.
Bien que cela soit inconscient, son autre lui donne juste assez pour le garder attaché à lui. Sans lui donner la sécurité pour autant.
Tout comme un parent qui donne un toit et à manger… mais qui ne donne pas de câlin ou d’intérêt à ce qu’il est (les parents stricts par exemple).
—-> une personne qui possède un attachement sécure, n’a pas d’attrait pour une telle instabilité.
En fait, l’intérêt du Chaser pour son Runner, c’est surtout d’avoir trouvé quelqu’un qui le maintienne dans l’intensité chaotique de son passé émotionnel.
Dans son habitude familière à gagner l’amour.
À implorer.
Car, s’il y a un sauveur, il y a forcément une victime qui supplie. Elle demande l’amour.
Et ici, on voit clairement que les causes se cachent encore une fois dans une enfance où l’amour devait se mériter aux prix de nombreuses conditions à remplir.
Le concept qui n’a jamais tort
Qu’en est-il des autres objets d’amour qui ne manquent pas sur le chemin du Chaser ?
Si ces personnes sont affectueuses et apportent de la présence et de la sécurité, les Chasers vous répondront tous qu’ils ne ressentent rien. Qu’ils s’ennuient.
C’est une réponse traumatique de taille XXL !
Pour lui, l’amour doit être pourchassé, mérité et gagné. Il doit aussi ressentir le frisson du presque. De toucher à son but ultime, mais pas complètement.
Le désir doit se retirer encore et encore (dans une boucle de renforcement intermittent).
Et il doit tirer du plaisir de son imagination où son Runner évitant revient dans ce qu’on appelle des scénario de limérence.
Limérence ? En langage clair, on pourrait le traduire par des « obsessions sur des « Red Flag » que le Chaser espère changer » car cela lui permettrait enfin de gagner l’amour inconditionnel.
Symboliquement, en changeant l’autre, il change aussi ses parents non aimants. Il change un passé qu’il n’accepte pas.
Un passé dont il fait le déni.
Car un autre point commun des Chasers que j’ai rencontré, c’est de toujours éluder la question de l’enfance au début de nos conversations « Non, non, une enfance sans problème, vraiment ».
Mais en insistant, les incohérences apparaissent.
Le déni de réalité, c’est aussi de croire que l’autre va changer totalement un jour… mais cela n’arrive jamais ! Et le Runner continue de courir.
Mais imaginons que cela arrive enfin. Le Runner arrête de fuir. Que se passe-t-il ensuite ?
Le Chaser finit rapidement par s’ennuyer dans ce couple qui n’a plus l’intensité des premiers jours.
Alors quoi ? Où est la promesse de l’amour fusionnel dont il a toujours rêvé ?
Se serait-il trompé ?
Et bien non… le concept FJ a réponses à tout. Mêmes aux incohérences du parcours !
En fait, il n’a rencontré que son « Faux Jumeau » qui était une étape nécessaire avant de trouver le « Vrai ».
Un autre objet « de presque amour », qui jouera tout aussi bien que l’autre, l’art du renforcement émotionnel. L’art du presque.
Bref. Le concept a toujours réponse à tout. Personne ne perd la face. Et on repart dans le game.
Ses mécanismes sont impossibles à réfuter puisqu’il re-qualifie ses échecs (le faux jumeau), reporte sans cesse la validation, rend les individus coupables, humilie le doute et possède une hiérarchie spirituelle (ceux qui sont FJ vs ceux qui ne le sont pas, ceux qui sont en réunion vs ceux qui ne le sont pas…)
Sans parler de l’arrogance du « tu n’es pas prêts » qui tient plus de l’égo que d’un coeur aimant.
Ce sont des mécanismes bien connus dans l’étude des croyances fermées (religieuses ou non).
Ainsi, non seulement les milliers de vidéos sur ce sujet ne semblent pas apporter de soulagement… mais en plus, elles enferment les blessés de l’amour dans leur souffrance et prennent leur argent pour cela.
Dans la 2nde partie nous allons voir que les énergies et synchronicités s’expliquent aussi par la théorie des traumatismes complexes et qu’entretenir la souffrance émotionnelle est souvent une clef de manipulation…
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