Et danse la Terre (3/3)
Dans une volonté d’apporter plus de cohérence, vous avez peut-être vu qu’une nouvelle organisation s’est dessinée sur le site dernièrement.
J’ai voulu que les différentes séries d’ateliers en ligne se relient dans une vision plus globale et poétique :
– la danse de la lune pour l’exploration des sagesses des 13 Mères Originelles avec les cycles lunaires ;
– la danse de Vénus pour se plonger dans les blessures d’âme, les mystères féminins du labyrinthe et de Vénus.
En astrologie, ce sont les deux astres qui définissent les énergies féminines de l’individu. Et leurs rythmes propres, nous offrent des sagesses d’une grande profondeur.
En dansant avec elles, nous nous ré-approprions toutes les parts de notre féminin intérieur. La lune, tous les 28 jours, par son intégration spirituelle. Vénus, dans ce cycle plus long de 18 mois, par son intégration émotionnelle.
Il ne manquait plus que l’aspect corporel de l’intégration et une autre planète féminine souvent oubliée car elle se trouve sous nos pieds : la Terre.
Oui. Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire replonger dans la Danse de la Terre, comme je l’avais déjà fait dans le passé (en 2022 et 2019).
Et danse la Terre !
Pour la petite histoire de ma relation au mouvement, de 5 à 13 ans, ma vie ne tournait qu’autour du Twirling et de la GRS (discipline dans laquelle je suis championne régionale).
Bref, lorsque je n’étais pas en train de peindre… je dansais, répétais et m’assouplissais inlassablement, comme de nombreuses petites filles de mon âge !
Adénomyose et études supérieures m’ont fait tout arrêter pendant des années. Puis, en même temps que je découvrais la peinture intuitive et les pratiques chamaniques…
se produisait,
dans l’ombre des blogs et de mes partages,
un retour beaucoup plus timide à la danse.
Quelques années plus tard, j’ai eu l’occasion de marier sporadiquement ces deux arts lors d’un spectacle inoubliable.
Descendre au coeur du coeur
Après avoir douté de ma légitimité à vous guider en peinture intuitive, je n’ai pas été surprise de rencontrer en 2025, ma légitimité à vous guider à bouger le corps.
Bien que de plus en plus guidée à intégrer cette pratique dans mes propositions, je restais réticente.
Après un retour à la danse, je suis restée sur ma faim. Oui je bougeais et j’aimais ça… mais j’avais besoin, comme ça été déjà le cas avec la peinture ou les 13 Mères Originelles… d’aller en profondeur.
Retrouver le chemin du corps a eu un tournant intense en 2019 (magnifier d’ailleurs par mon tirage rituel du début de cette année là.)
—-> L’arcane XVI, nommé « Maison Dieu », est souvent interprétée comme la pire des cartes de tout le jeu (en divinatoire). Elle symbolise bien plus dans une vision analytique !
Sous sa dé-construction et sa perte, elle dévoile un aspect de l’éveil, qui est la descente initiatique. Cette voie vers « le bas » et les chakras dits « inférieurs », ainsi que leurs blessures.
—-> Dans les fondations de notre être.
Je la vois comme le corps incarné.
Mais attention, nous ne sommes plus dans le corps du bateleur, naïf, de début de cycle.
Il s’agit ici du corps de l’initié. C’est à dire, un corps intégré à la conscience, portant la couronne à 4 sommets et laissant exploser et jaillir son énergie vivante. Terrestre.
(Le 4 est un archétype puissant du Soi, de la complétude et du processus d’individuation lui-même).
… le corps s’enracine, se relie à la Terre.
Nous sommes prêts à ouvrir les portes sous nos plantes de pieds, nos genoux et notre bassin, à ouvrir tout notre être pour laisser monter en nous la force vive de la Terre.
Nous sommes conscients de ce feu, de cette vie qui anime les atomes, les molécules, les cellules, les organes de ce corps qui devient véritablement notre demeure sur la Terre.
Lorsque Kaph finale apparait, Elle nous invite à vivre cette conscience. Notre corps est un ami fidèle. Elle nous annonce que nous sommes prêts pour nous ouvrir à cela, la splendeur du corps ressuscité.
…
Ton propre corps t’invite à danser, à célébrer la vie par le moindre de tes gestes.
…
En l’habitant pleinement, une force nouvelle s’éveille en toi…
Au Nom du Corps
Reprendre la pratique de la danse de façon intense ne faisait que cacher ce désire plus profond qui était d’habiter pleinement le corps.
Si l’invitation était claire (comme ci-dessus avec ma peinture intuitive « Ondule ma fille » réalisé pour l’Atelier Femme Sauvage en 2018)…
… je me trouvais démunie à le vivre.
Le mouvement ne suffisait pas. Les techniques d’ancrage que je connaissais jusque là ne m’aidaient pas.
Je cherchais à ce que sous la peau, je puisse sentir le mouvement constant.
Et sentir La Terre qui bouge.
Comment ouvrir le portail du geste juste et gracieux en intégrant le corps et ses rythmes ?
Non pas dans une sensualité aveugle, mais dans la conscience d’être incarnée dans une danse, par une danse !
Comment ressentir le mouvement chorégraphié au coeur de notre chair sauvage pour accéder à la sagesse qui dit que « toute danse est amour. »
Et vivre dans le corps, sa danse pour nous et son affection.
J’utilisais mes apprentissages dans mes protocoles d’art thérapie (pour les cas de dissociation par exemple).
Le témoignage d’une validation par un rêve d’intégration après un suivi, n’a fait que confirmer la justesse de mon approche.
Oui, notre corps attend que notre plus grande conscience anime nos moindres gestes.
Afin qu’ils puissent célébrer ensemble la Vie et la Lumière dans un mouvement infini.
Dans ce parcours à l’aveugle, d’autres validations m’ont aiguillées, au bon moment.
Tel le livre de Caroline Gauthier.
Dans cette plongée qui établit le lien entre le corps et les enseignements de Marie-Madeleine, nous retrouvons l’ascension par le corps.
Traumas vécus (ou hérités !) se logeant dans les chairs les plus tendres et les plus innocentes et faisant fuir les femmes.
Fuir un corps insécure et ne trouvant refuge que dans le mental.
Mais symbole après symbole, l’âme nous parle et nous dit que cette solution de survie ne doit servir qu’un temps.
Comme l’héroine du livre, j’avais perdu de vu mes énergies féminines. J’étais mentale avant tout et dans un corps scindé. Terriblement tendu.
Et si le changement a eu lieu, je ne mentirais pas : ce fut long et douloureux.
Et si notre corps contenait les réponses ?
J’ai toujours imaginé l’être humain comme un trait d’union entre Ciel et Terre.
Depuis, j’ai remplacé cette image trop rigide par une ligne qui ondule. Vivante, comme en neurographie, ou organique comme dans le jeu de peindre d’Arno Stern.
Une ligne dont chaque ondulation est consciente.
Ces gestes posés, ces sensations et rythmes pourraient alors devenir les clefs d’accès à la force vive de la Terre et à l’élaboration de nos fondations.
Pas de théorie ici, nous ne pouvons le découvrir que par une plongée dans notre incarnation.
À la découverte, parfois, de notre rejet de vivre pleinement.
Ou de nos fondations détériorés.
De nos déracinements.
Il m’a fallut des années pour assimiler mon ancrage, mon territoire et ma place dans ma généalogie… je l’appréhende encore chaque jour.
Grâce à ce long processus, j’ai pu comprendre que notre estime de Soi dépendait de notre relation à notre espace de vie.
À notre Terre.
Et que, parallèlement à cette culpabilisation ambiante qui nous rend responsable à titre individuel de l’état de notre planète, les sorties sur sites sacrées nous démontraient un point de vue plus joyaux.
Nous découvrions à quel point :
- la Terre irradie,
- nous aime,
- et a de la compassion pour nous, ses enfants.
Une étrange demande
Après toutes ces années à peindre de manière intuitive, à rêver éveillée dans les mondes chamaniques… je voudrais bien pouvoir dire que j’ai tout vu et tout entendu !
Mais non.
Régulièrement, me revenait le même message étonnant. La même demande la plus curieuse : la Terre demandait qu’on danse pour elle.
Mais finalement, est-ce vraiment étrange ? La danse n’est-elle pas la célébration de la vie et du corps.
N’est-elle pas l’expression de la joie pure ?
En dansant, nous éliminons notre culpabilité et nous nous relions à la matière, la Terre et sa gravité, avec une innocence corporelle retrouvée.
Elle demande à prendre le temps de sentir le contact du sol toujours présent.
Et sa force.
Nos corps étant des bouts de cette Terre, nous sommes donc des bouts d’Elle et nous pouvons honorer le cadeau de la vie en nous lançant dans des mouvements qui ondulent. Peu importe qu’ils soient de qualité !
Comme pour la peinture intuitive que je plébiscite tant… l’important ici c’est le vrai.
C’est de se connecter à Soi et de FAIRE de manière AUTHENTIQUE.
Un rythme à re-découvrir
Comme dans le conte de « la fillette qui retrouva la respiration du monde » où le paroxysme est atteint lorsque la jeune fille découvre le tambour de Gaia, nous pouvons ancrer nos mouvements avec le rythme terrestre :
Après quelques jours de marche supplémentaires, la jeune fille arriva au temple de silence et de vent et découvrit l’immense tambour en son centre.C’était le tambour du monde.Il battait lentement.Très lentement.Bien trop lentement pour être remarqué par un humain pressé. Mais la jeune fille qui n’avait plus de but, n’était pas pressée.Elle déposa sa main sur la peau tendue et ferma les yeux. Pour la première fois, elle découvrit le merveilleux rythme de la Terre.Un rythme large, profond, patient et si lent…si lent…Le vent siffla et porta avec lui les murmures des anciens. Ils semblaient avoir attendu l’arrivée de la fillette au trop vaste coeur, depuis des siècles : « Voici le Tambour du Monde. Tous ceux qui s’en approchent apprennent cette vérité :le monde ne guérit que lorsque les êtres retrouvent leur propre rythme.«Soudain, le tambour changea de pulsation pour s’accorder à celle de la jeune fille.Et les Anciens reprirent leur murmure :« Quand tu marches dans ton rythme, les autres se souviennent du leur.
Alors, tu feras fleurir ce qui est resté trop longtemps étouffé. »La petite âme sensible ne s’était pas incarnée en une guerrière flamboyante, ni dans un prophète aux discours tonitruants… mais dans la subtilité banale d’une fillette comme toutes les autres.Comme on en trouve dans tous les villages.Et c’était parfait ainsi.La fillette revint auprès de sa famille, en se laissant porter par le souffle du vent qui lui indiqua les bonnes directions à chaque fois qu’elle respectait le propre rythme de ses pas.On fêta son retour par une grande fête dans laquelle on dansa.Elle découvrit qu’à chaque fois qu’elle jouait au tambour son rythme à elle, elle transmettait la grâce.Par cette seule présence toute banale, elle était capable de desserrer les coeurs contractés et de faire fleurir les jardins.Elle avait découvert dans l’image du lac, qu’elle n’était pas née pour changer le monde, mais pour lui rendre sa respiration.
Une danse primordiale
En ancrant en profondeur le rythme qui nous est propre…
… au souffle coïncidant avec les battements de tambour du monde…
… voici que soudain, une qualité de la chair apparait.
Primordiale.
Originelle.
Danser la Terre, c’est non seulement se reconnecter à nos racines mais aussi, oui… à apprendre à ressentir son rythme.
Comment le décrire ?
Au centre du centre, au coeur du coeur, un battement.
Une réalité sous toutes les couches.
Là, où, comme la blessure de désamour nous l’a montré, le coeur de la créature humaine est lié au réel.
Dans la danse à la Terre il est question de banalités.
De regards et de muscles.
Mais, cette magie dans le banal, qui est très ancrée (très « Rubedo ») nous demande quelque chose de bien difficile : être présent à toutes nos perceptions.
Ensemble
Un art d’être.
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